Un brin d’herbe coloré

Un brin d’herbe coloré

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Par Sophie Morisset

Si vous l’avez remarquée, c’est que vous êtes un très bon observateur ou que vous êtes un grand amateur de la flore à la recherche perpétuelle de taches de couleur qui pourraient indiquer la présence d’une fleur que vous n’avez encore jamais observée.

La bermudienne montagnarde n’est pas plus grosse que les brins d’herbe qu’elle côtoie, ce qui la rend relativement difficile à trouver dans les champs et les prés où elle pousse au printemps. Heureusement, sa couleur bleu-mauve et le fait qu’on la trouve souvent en groupe de plusieurs individus nous facilitent la tâche. Notre attention est alors attirée par une touffe d’un mauve éclatant au milieu des herbes hautes. Sa couleur et sa similitude avec un brin d’herbe lui ont d’ailleurs valu le nom commun d’« herbe aux yeux bleus ». On la nomme aussi bermudienne commune et bermudienne des montagnes, quoiqu’on ne la trouve pas dans ce type d’habitat.

Il y a trois espèces de bermudiennes au Québec. La bermudienne montagnarde est la plus commune. On la confond souvent avec la bermudienne à feuilles étroites, qui, elle, est une espèce assez rare pour que le gouvernement du Québec la considère comme susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable. Il serait donc étonnant que vous la rencontriez.

Il est pratiquement impossible de différencier les bermudiennes uniquement par la fleur. Il faut plutôt comparer les caractéristiques de la tige et des feuilles (et même avec ces indices, la tâche demeure difficile).

La bermudienne montagnarde se distingue de la bermudienne à feuilles étroites par deux principales caractéristiques :

1) On la trouve dans les champs et les endroits ouverts, alors que la seconde ne se trouve qu’au bord de l’eau. 2) Le pédicelle de la fleur de la bermudienne montagnarde émerge directement de la tige, alors que celui de la bermudienne à feuilles étroites émerge d’une bractée insérée dans le milieu de la tige.

La bermudienne montagnarde se différencie de la troisième espèce de bermudienne, soit la bermudienne mucronée, par sa tige plus large. En effet, la tige de la bermudienne mucronée est très étroite.

Pour en connaître davantage sur la bermudienne montagnarde et les fleurs printanières que l’on trouve dans les Laurentides et ailleurs au Québec, visitez le site fleursduquebec.com.

Bonne observation!

Quelques faits intéressants

– La bermudienne montagnarde est une proche parente de l’iris versicolore, l’emblème floral du Québec. Les deux fleurs appartiennent à la même famille.

– Les bermudiennes sont toutes originaires du continent américain. Nous en connaissons près de 150 espèces.

– La bermudienne s’ouvre rapidement au soleil et la fleur se fane en une seule journée.

En résumé

La bermudienne montagnarde
Sisyrubchium montanum var. montanum

Famille : iridacées
Plante : indigène au Québec, vivace
Fleur : petite et délicate, d’un bleu mauve, avec un cœur jaune. Elle possède six pétales au bout dentelé se terminant en une fine pointe.
Feuilles : longues et étroites. Elles ressemblent à des brins d’herbe. Elles naissent à la base de la plante et mesurent en moyenne 25 cm.
Tige : dressée, longue, mince, plate et ailée, d’une hauteur de 10 à 50 cm.
Statut au Québec : en sécurité
Floraison : au printemps, aux mois de mai et de juin
Habitat : dans les champs, les prés, les endroits ouverts et ensoleillés, et parfois en milieux urbains sur les bords des routes, les terrains abandonnés et dans le gazon

MFL (17 mai 2016)