Domaine Alary dévoile ses Propositions Graphiques

Domaine Alary dévoile ses Propositions Graphiques

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Un hommage à Tom Waits.

par Jean-Patrice Desjardins

Une fois à tous les trois ans, ce n’est pas assez, mais il faut s’y faire avec Domaine Alary. L’artiste fait à sa tête et travaille avec liberté et à son rythme. Il se permet même de refuser les nombreuses demandes, par exemple faire des pochettes d’album comme la fois où il a craqué pour le dernier disque de motel 72 en 2017.

Avec Propositions Graphiques (au Mouton noir jusqu’au 27 juin), Domaine Alary (de son vrai nom Martin Alary, mais on l’appelle surtout «Alary») poursuit une tangente qu’il a pris en 2015 lors de sa précédente exposition au Mouton, «l’endroit parfait pour présenter mes œuvres », explique-t-il. On retrouve une vingtaine de propositions, des tableaux sur toile ou sur bois, utilisant une technique de transfert d’images, parfois directement appliquées à l’imprimante numérique.

Martin Alary lors du vernissage du 31 mai au Mouton noir.
Martin Alary lors du vernissage du 31 mai au Mouton noir.

Il n’y a pas de thème dans le présent travail, qui s’est échelonné sur plusieurs mois depuis l’automne 2017, mais on retrouve de nombreux hommages faits envers les musiciens qu’il affectionne: Tom Waits, John Coltrane, Miles David ou Daniel Thouin. Dans ce dernier cas, il a repris une véritable image du claviériste montréalais en lui ajoutant un «afro», symbolisant l’attirance pour le musicien envers la musique noire.

À chaque œuvre, on entre dans l’univers d’Alary, parfois fantaisiste, parfois critique sociale. L’art est une déformation de la réalité et Alary s’amuse à nous le rappeler.

Le vernissage, le jeudi 31 mai, s’est fait lors d’un 5 à 7 au Mouton Noir, en présence des amis de l’artiste, avec une présence remarquée de Dany Placard et Michel-Olivier Gasse, deux musiciens montréalais souvent impliqués dans la production musicale de Domaine Alary, un domaine qu’il a cependant délaissé depuis quelques années.

«Je fais juste ce que j’aime à mon rythme. Je ne réponds plus aux demandes, je me fais plaisir avec ces œuvres, simplement», explique l’artiste, père pour la seconde fois depuis quelques mois.

Parlant de paternité, on retrouve, au milieu de l’exposition, trois oeuvres d’Alcide Alary, le fils de Martin. À sept ans, il suit les traces de son père dans la forêt de la créativité. «Alcide a regardé les œuvres sur les murs du Mouton et il m’a dit que j’en avais plus que lui… alors il a suggéré qu’on sépare les profits de la vente 50/50», lance Martin en riant. «Il a le sens des affaires, lui!» «Alcide, mon gars, tu me joues déjà dans le moteur», chantait Alary en 2012. Prémonition?

Propositions Graphiques est présentée jusqu’au 27 juin au Mouton noir à Val-David.