Maison Actualité Projet d’école alternative publique des Vals

Projet d’école alternative publique des Vals

EXCLUSIF

par Maryse Froment-Lebeau

 

Le comité de parents derrière le projet d’école alternative a tenu deux rencontres, l’une à Val-David le dimanche 29 septembre et l’autre à Val-Morin le lundi 7 octobre. Leur rôle : informer et surtout mobiliser les parents de ces deux secteurs réunis. Formé de huit membres (Marie-Ève Gervais, Annie Gauthier, Marie-Ève Béliveau, Lise Bernard, Joëlle Parent, Anne-Marie Bonneville, Jean-Félix Giguère-Groulx, Jean-Luc Gagnon), ce comité a été formé d’abord parce que Mme Gervais, en juin, n’a pas pu envoyer son enfant à la nouvelle école alternative de Sainte-Adèle, faute de place. Ils ont déjà tenu une trentaine de rencontres pour monter leur demande qui sera faite à la Commission scolaire des Laurentides (CSL).

Devant de nombreux parents, conseillers et citoyens le 7 octobre, le maire de Val-Morin, Benoit Perreault, a d’abord expliqué que le village est en période de renaissance et qu’avec ce mouvement démographique, il faut une école qui puisse accueillir au moins 50 élèves. C’est ce qui a mené le Conseil à offrir la mairie pour la nouvelle école alternative du secteur Centre, mairie qui a été bâtie en 1933 et qui a déjà accueilli une école jusqu’en 1972. Était aussi présent à la rencontre Michel Nicholson, du Réseau des écoles publiques alternatives du Québec (REPAQ). Il a su expliquer quelques détails du fonctionnement des écoles alternatives au fil de la soirée.

À gauche de l’église et du presbytère se situe la mairie, photographiée ici autour de 1936.

 

Le modèle alternatif

Deux membres du comité ont ensuite expliqué en détail le projet. Si cette école voit le jour, elle fera partie de la commission scolaire, qui chapeautera le tout, et elle suivra le programme de formation de l’école québécoise du réseau public. Une école alternative est participative, communautaire et place l’élève au cœur de son programme. Elle encourage aussi la coéducation/cogestion, c’est-à-dire l’implication des parents à raison de 20 à 40 h/an en moyenne. Les grands-parents ou autres personnes de la communauté sont également les bienvenus pour animer des ateliers selon leurs forces, leurs connaissances ou leur métier. Les évaluations sont qualitatives, donc on n’attribue pas de notes, mais on évalue plutôt le processus selon trois points de vue, soit ceux de l’enfant, des parents et du professeur.

L’école alternative fonctionne généralement en approche par projets : on respecte le rythme et les champs d’intérêts de l’élève, on développe son goût d’apprendre pour toujours en suivant un chemin différent pour lui enseigner. C’est l’enfant qui construit son horaire, toujours dans un objectif d’autonomie, et on encourage le multiâge (deux niveaux ou tous les niveaux, de la maternelle à la 6e année, en foyers), ce qui favorise l’entraide plus vieux/plus jeune. Les interventions sont de type bienveillant (non punitif), car on considère que l’enfant, de façon générale, est capable. Ce type de milieu permet de développer le bonheur, l’authenticité et la curiosité, et aide l’enfant à « sortir de la boîte ».

L’élève qui gère son temps, son échéancier, qui fait des choix selon ses goûts augmente son estime de soi (mener un projet à terme), ses compétences et gagne une bonne conscience de vie (à long terme). Il évolue aussi selon son rythme et ses compétences, là où éducation et enseignement vont de pair. Pour ce qui est des devoirs, l’école alternative considère que quand la journée se termine, l’élève qui n’a pas besoin de soutien n’a pas de devoirs à faire le soir. Sinon, on propose du tutorat ou des devoirs pour l’aider, en fonction de ses besoins.

 

Orientations de l’école des Vals

  • Vivre l’école nature

inspiration des écoles-forêts : utiliser les éléments, la nature comme guide, sports à l’extérieur

  • Favoriser un environnement artistique et culturel

partenariats (p. ex., Théâtre du Marais, LézArts Loco), résidences d’artistes, projets personnels d’artistes

  • S’ancrer dans la communauté

relations intergénérationnelles, pont avec les organismes, inclusion des enfants à besoins particuliers (comme dans toute école)

 

Échéancier

Les préinscriptions récoltées lors de ces deux rencontres permettent de mettre de la pression sur la CSL en montrant le réel intérêt des parents, à la base d’un tel projet. L’idée est aussi de remettre une liste d’enseignants potentiels en même temps. Une fois les appuis récoltés, un projet de cette envergure peut prendre 2 ou 3 ans en moyenne avant de voir le jour, cela dépend de la CSL, tout comme de savoir quelles années seront ouvertes au départ (comme à Sainte-Adèle, où on a ouvert de la maternelle à la 3e année pour commencer). Les zones couvertes pour accueillir les élèves, le nombre de places ainsi que le transport scolaire dépendront aussi de la CSL.

 

Finalement, puisque les commissions scolaires pourraient être touchées par les changements prévus en matière de gouvernance scolaire, il y a une part d’incertitude dans le dossier sur ce plan. Mais comme la discussion est déjà ouverte avec la direction de la CSL, le dossier devrait suivre son cours. Ce sera à suivre.

 

 

Page Facebook : Projet d’école alternative des Vals

REPAQ : repaq.org