Maison Actualité Exclusif – Rencontre avec Nadine Girault

Exclusif – Rencontre avec Nadine Girault

La Ministre Nadine Girault et son bras droit, Marianne Laliberté, Directrice du bureau de circonscription et attachée politique, au parc des Amoureux, à Val-David.

Michel-Pierre Sarrazin

Le calme après la tempête

C’était le vendredi 16 novembre 2018, à 13 h, au Magasin Général, rue de l’Église. Ma première entrevue avec la Dame de cœur. Et son adjoint d’alors, Patrice Charbonneau, aujourd’hui aux Relations internationales à Québec. Venez me dire, après ça, que le temps ne passe pas vite. Elle m’avait donné, avec sa détermination tranquille, sa première entrevue de ministre, et aujourd’hui, fidèle à elle-même, elle souhaite « refermer la boucle », dit-elle, avec cette dernière rencontre officieuse. Venez me dire, après ça, que cette dame est une personnalité politique comme les autres. Que le journal Ski-se-Dit est un journal comme les autres. Bien sûr que non. Nadine Girault n’est pas davantage une ministre comme les autres, ni une députée qu’on voit de loin.

Cette dame a eu, pendant quatre ans, le don d’ubiquité. On la voyait partout, de Mont-Laurier à Saint-Jérôme, en passant par Québec ou Paris, pratiquement dans la même journée[1]. Elle n’a pas raté un souper spaghetti où elle était invitée, et n’a jamais refusé une danse, même déguisée en sorcière d’Halloween, quand ses administrés de Bertrand ou ses collègues de la Capitale le lui demandaient. Cette force de la nature, capable d’abattre des journées de 15 heures à la file, sept jours sur sept pendant 46 mois en ligne, et pratiquer en même temps deux ou trois sports comme elle les aime, intensément, cette dame de cœur, de pique, de trèfle et de carreau en même temps, assise devant moi dans le parc des Amoureux, alors que le soleil de juillet dessine des ombres sur son beau sourire, cette Nadine que tout le monde aime, elle s’arrête.

Aujourd’hui, dans son regard si doux et si fier, il y a de la détresse. Car les médecins lui ont montré la porte : plus de travail acharné, plus de journées de fou, plus de course, ni de vélo, ni de golf, ni de tennis… le repos. Pour elle, autant dire une punition. Nadine Girault n’est pas de celles qui attendaient la retraite avec la soixantaine. Elle attendait les prochains défis. Les petits comme les grands. Après avoir rempli sa promesse de mettre l’internet à la disposition de tout le monde dans nos Hautes-Laurentides (un objectif atteint à 98 %), elle allait mettre les bouchées doubles, sinon triples, pour stimuler les changements dans le réseau de la santé chez nous, répondre aux myriades de demandes des municipalités du comté, et poursuivre à haute vitesse sa job internationale pour la Francophonie. Avec plus d’ardeur que jamais. Mais justement, c’est la santé qui lui fait brutalement défaut. Comme si elle était tombée sur un gisement de kryptonite[2]. Ou avait passé son enfance à respirer du cyanure à Rouyn-Noranda.

Aujourd’hui, elle peut à peine marcher jusqu’au coin de la rue. Elle qui dévalait les pentes en ski à toute allure. On n’arrive pas à y croire. Elle qui donnait des cours d’aérobie à la cafétéria de l’hôtel Reine Élizabeth le midi, alors qu’elle était Directrice nationale et Vice-présidente associée à la Banque Royale, juste pour le plaisir de bouger. Elle qui a été Directrice senior, formation continue, au Service de police de la Ville de Montréal, VP pour les Assurances Desjardins à Toronto, VP du Groupe BMO, VP développement des affaires à la FTQ, bref, Nadine d’avant la rencontre avec M. Legault, une véritable tornade dans le monde des affaires, avec sous le bras son MBA de l’UQAM et son bac de HEC. On n’en fait pas beaucoup des comme ça. Même à Val-David, où l’indice créateur est parmi les plus élevés de la région.

En attendant, on espère. De tout notre cœur, on compte sur les bons docteurs qui la soignent, on fait le vœu qu’ils réussissent à la débarrasser de la kryptonite. On espère comme on n’a jamais autant espéré qu’il y a, dans ce monde, une sorte de résilience, d’équité tranquille. Qui rend à César ce qui appartient à César, et à Nadine, la santé qui appartient à Nadine.

On en reparlera. D’elle, du travail qu’elle a fait, avant le calme obligé, avant qu’elle ne soit forcée de relever son plus dur défi : tomber en amour avec le temps perdu.

 

[1] Pour s’en faire une idée, relire les Blocs Notes de Nadine dans nos pages, publiés chaque mois depuis quatre ans.

[2] On se souviendra que la kryptonite pouvait enlever tous ses pouvoirs à Superman et probablement à la Superwoman. Elle a été inventée dans l’émission de radio The Adventures of Superman en juin 1943, avant d’être rajoutée dans les bandes dessinées du même héros en novembre 1949. Les différentes variétés de kryptonite ont pour propriété d’affecter, chacune différemment, les survivants de la planète Krypton et en premier lieu le super-héros Superman. L’existence de la planète Krypton n’a cependant pas été confirmée par le télescope James Webb.