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Novembre, mois de valse

Photo : Isabelle Michaud

Des nouvelles de Phil Shaw, exclusivement dans Ski-se-Dit :

J’aime les contrastes de l’automne en novembre. On sent le fond de l’air qui change drastiquement en fin d’après-midi. Et une période de temps doux nous surprend. C’est un mois de valse : une journée il neige, le lendemain il pleut. Une journée il fait doux, le lendemain il fait très froid. Nos différents manteaux dansent dans le vestibule!

Je suis heureux qu’il fasse doux ou froid. Le froid qui s’installe avec une neige au sol est tout ce dont j’ai besoin pour sortir mes skis de fond d’entraînement. Ensuite, quand survient une fonte, je ressors mes rollerskis et me voilà reparti.

Je suis heureux, peu importe la température, car c’est le sport qui me rend heureux et les joies de la vie, plutôt que l’annonce d’une température stable et idéale, comme en Californie. Mes vêtements sont mes meilleurs amis et je suis au sec, peu importe le temps qu’il fait. Comme dit le dicton : Il n’y a pas de mauvaise température, il n’y a que de mauvais vêtements.

Beaucoup de gens dénigrent le mois de novembre, car ils trouvent que c’est gris et terne. Je ne suis pas d’accord, j’ose dire le contraire. Le ciel est aussi beau qu’en juillet, le soleil aussi brillant, les nuages forment des aquarelles et moi, je remplis mes yeux du vert des conifères de la belle grande région de Val-David. La couleur verte représente l’espoir, et en novembre, je la ressens puisque les bourgeons sont déjà en place pour le printemps à venir.

J’adore le mois de novembre aussi pour les odeurs uniques le long de la forêt, des champs et cours d’eau sur mon parcours. C’est comme un pot-pourri de fleurs et de feuilles tombées dont les odeurs sont savoureuses, d’un parfum sucré ou légèrement amer.

Savez-vous qu’en faisant du rollerski, on respire à plein nez, un peu comme à l’effort à vélo?

J’adore le mois de novembre pour les rencontres fauniques. Les arbres dénudés nous permettent d’apercevoir chevreuils ou dindons sauvages plus facilement. Je sens aussi une complicité avec les animaux que je rencontre car on se regarde ou s’observe mutuellement.

Un peu moins souvent je peux apercevoir marmotte, moufette, renard, porc-épic, castor, loutre et vison, et pas si loin (en fait aussi loin que possible!) coyote, loup, ours noir et orignal.

Les oiseaux sont présents. Comme le mois d’avril est caractérisé entre autres par le retour des rouges-gorges, novembre est caractérisé par le départ des oies sauvages. Quel grand spectacle cyclique elles nous donnent avec leurs dessins dans le ciel! Elles me donnent de l’énergie et de l’inspiration, par leur détermination dans leur migration.

Si j’étais une bernache, je serais plus souvent qu’à mon tour à l’avant pour couper le vent et diriger mes compatriotes, et j’aurais sûrement un signe distinctif, qui sait, une plume rouge?

En terminant, je vous avoue qu’à partir de novembre, étant amoureux des Laurentides et de notre climat nordique, je rêve surtout de la première grosse bordée de neige pour troquer mes rollerskis pour mes skis de fond.

Et je serai patient si le mois de novembre 2022 ne nous donne pas une accumulation de neige, car je ferai du ski-in/ski-out ou plutôt du rollerski-in/rollerski-out à partir de ma demeure à Val-Morin. Aucune occasion ne sera perdue!

Psst! Si vous voyez un lutin qui tire un arbre de Noël dès novembre, ne soyez pas surpris, il aime promouvoir les grandes fêtes, le ski, le rollerski et tout ce qui est positif de Noël comme la joie de vivre et le partage. Pourquoi s’en priver et attendre le 25 décembre? Les belles valeurs se vivent au quotidien, avec ceux qu’on aime.