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Une nouvelle école pour nos enfants

Le rassemblement citoyen du 6 janvier 2019.
Le rassemblement citoyen du 6 janvier 2019.

Nos écoles primaires débordent. Elles sont vieilles, inaptes et ne peuvent plus suffire aux besoins incontournables d’éduquer nos enfants comme du monde. Val-David se mobilise pour que le ministre de l’Éducation garantisse le financement de bâtiments adéquats pour accueillir nos enfants. Voici quelques témoignages essentiels sur le sujet. Le journal Ski-se-Dit publiera chaque mois un dossier sur l’avenir de nos écoles. Votre témoignage est le bienvenu.

 

Pourquoi Val-David est-il devenu le village unique qu’il est aujourd’hui?

par Kathy Poulain, mairesse de Val-David

Sûrement grâce une combinaison de quelques facteurs. Mais principalement grâce à sa communauté innovante, créative, engagée. Et les réalisations déterminantes de celle-ci, souvent soutenues par la municipalité.

Que l’on pense à la notoriété et la prospérité de nos organismes, institutions et événements culturels, de plein air et communautaires, à la création du Parc régional ou à des décisions structurantes comme l’interdiction des motoneiges sur le parc linéaire et la règlementation favorisant le développement des commerces de proximité et l’interdiction des grandes surfaces.

Un village construit sur des valeurs, portées par ses citoyens. Voilà ce qui définit Val-David. Et voici ce qu’est notre projet pour nos enfants : une nouvelle école construite sur des valeurs, portée par un village.

Pourquoi une nouvelle école publique alors que nous en avons déjà deux? Parce que notre population est en constante augmentation (de 4999 en 2017, nous sommes maintenant 5209) et nous attirons les jeunes familles. Plus précisément, les données de la Commission scolaire démontrent l’augmentation significative des élèves depuis plusieurs années et pour celles à venir. Bref, les classes débordent! Et la démonstration fut faite qu’il est impossible d’agrandir les écoles actuelles.

L’an dernier, la Commission scolaire a donc approché la municipalité pour présenter le projet de construction. Et depuis lors, nous travaillons en collaboration. Nous avons offert le terrain de la mairie, car il correspond à la meilleure combinaison possible pour le bien-être de nos enfants : la proximité de l’autre école et du cœur du village.

Ce qui impliquera, dans quelques années, le déménagement de la mairie que nous commençons à planifier. Soyons sincères, cette perspective semble affolante. Plusieurs sont attachés à cette jolie maison. Mais elle est vieille (ce n’est toutefois pas un bâtiment patrimonial) et de moins en moins adaptée et performante pour nos besoins administratifs. La plus grande appréhension demeure évidemment les coûts liés à cette transition. Le conseil et l’équipe municipale sont conscients qu’il faudra être judicieux et prudent dans nos choix. La dernière hausse de taxes est là pour nous rappeler l’impact de ceux-ci.

Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons pas passer à côté de ce projet d’école. C’est une rare opportunité et un investissement incontournable. La remarquable mobilisation citoyenne en cours depuis plus d’un an prouve à quel point la communauté soutient ce projet.

Certains s’inquiètent de « Voir disparaître le Val-David qu’ils aiment » sous le rouleau compresseur du développement, de l’urbanisation et de l’embourgeoisement. L’une des meilleures façons préserver notre essence et de nourrir l’âme de Val-David est de transmettre nos valeurs aux nouveaux résidents et aux enfants en impliquant notre communauté, afin de toujours renforcer notre identité, notre solidarité et notre sentiment d’appartenance.

C’est ce que permet l’école en intégrant le meilleur du village : les activités de plein air dans notre parc, notre bibliothèque et son personnel extraordinaire, notre programme culturel éducatif, notre village nourricier, la mobilité active et le Trottibus, la Fondation Dufresne, toutes nos activités intergénérationnelles communautaires, etc. Non seulement nous répondons aux critères du ministère de l’Éducation en termes de besoins, mais nous démontrons à quel point nous avons tout ce qu’il faut pour transmettre la meilleure éducation possible à nos enfants. Nous incarnons le célèbre proverbe : « Il faut tout un village pour élever un enfant » !

L’école est parfois utilisée, à tort, comme moteur de développement socioéconomique pour le développement de nouveaux quartiers résidentiels : cela crée des collectivités désincarnées, des banlieues anonymes… Il faut considérer les impacts négatifs d’une école isolée : l’étalement urbain, peu d’élèves marcheurs, un accès difficile aux services et aux institutions (bibliothèque, patinoires, centres culturels et communautaires, etc.).

Soyons clairs : tant mieux si la région se dynamise et que de nouvelles familles viennent s’installer : nous avons tant besoin de main-d’œuvre! Mais la priorité doit demeurer le bien-être des enfants.

Les démarches de Ste-Agathe pour la construction d’une nouvelle école sont sûrement valables. Mais elles ne doivent pas se faire au détriment des enfants et des familles de Val-David, Val-Morin et Ste-Lucie. Il ne faut pas séparer les fratries ou obliger les parents à faire de longs trajets. Et elles ne doivent pas retarder le projet déposé par la Commission scolaire et accepté par le Ministère. Nous sommes prêts à démontrer au ministre Roberge la force et l’efficacité de notre communauté pour soutenir la construction d’une école exceptionnelle. Peut-on laisser les guerres de clocher de côté et penser aux enfants et à l’urgence de la situation (des parents de Val-David doivent se résigner à envoyer leurs enfants à Ste-Agathe, faute de place)?

Val-David est le village extraordinaire que nous aimons tous parce que nous nous sommes toujours investis dans son devenir. Et tous ensemble, nous allons continuer à l’être.

 

Témoignages de résidents

René Derouin

« Il faut construire l’école au cœur du village. Il faut concentrer dans les villages! Parce que depuis 50 ans, on a détruit les villes et les villages du Québec à cause de l’étalement urbain. »

 

Pas d’école, pas de vie, pas de village

par Jacques Dufresne

Une école, c’est le cœur battant d’un village. Une école primaire, c’est un bouillon de culture pour l’avenir de tous, petits et grands. Pas d’école dans un village, il n’y a plus de village. Il n’y a qu’un dortoir. Quand l’école s’en va, l’épicerie déménage, la pharmacie s’en va, les services bancaires se réduisent à un petit comptoir. Le village s’éteint doucement sans les cris de joie des enfants qui jouent dans la cour de l’école.

Une école, pour un village, c’est essentiel. C’est plus important que le pavage des routes et l’internet haute vitesse. Il y a un lien direct entre la présence des enfants dans ses rues et l’avenir de celui-ci, la vraie nature de celui-ci. Une école, à Val-David, c’est l’assurance qu’il y a aura un avenir pour le village. Si Val-David veut rester un petit village avec une grande culture, il lui faut assurer à ses enfants un patrimoine scolaire, une patrie à aimer dès l’enfance, une histoire quotidienne à partager entre la maison et l’école proche, comme c’est le cas depuis bientôt 100 ans. Ceux qui sont nés et qui ont grandi ici vous le diront : c’est sur les bancs de la petite école qu’ils ont commencé, avec leurs professeurs, à chérir leur village, à apprendre la fierté d’être val-davidois. Je fais partie de ceux qui pensent que c’est à l’école du village que j’ai appris ce qui a compté pour moi dans la vie.

L’idée de laisser nos enfants aller ailleurs pour apprendre à lire, à compter, pour apprendre à vivre avec les autres, est triste et insupportable. C’est comme de dire qu’on n’a rien d’important à leur offrir ici. C’est condamner notre village à mourir, faute d’une nouvelle génération pour l’aimer et l’habiter.

Au Mali, on dit : le soleil n’oublie pas un village parce qu’il est petit. N’oublions pas, ici, que nos tout-petits ont besoin d’habiter un village qui les aime assez pour leur offrir les moyens de s’épanouir. C’est notre premier devoir de leur offrir une école, à tout prix.