Maison Communauté Donner de son temps, c’est gagnant…

Donner de son temps, c’est gagnant…

Louise Gervais

Donner de son temps, c’est gagnant…

Par Jocelyne Aird-Bélanger

Bénévole ici, aujourd’hui

Qu’ils se nomment Yvan, Alexandre, Josette, Paul, Michel ou Claude, ils ont tous en commun cette heureuse habitude de donner, tout à fait gratuitement, de leur temps pour une cause qui les allume. Ils rejoignent ainsi plus de deux cents bénévoles qui s’activent à Val-David dans une vingtaine d’organismes allant de la bibliothèque au Club de vélo PopCycle en passant par les dîners communautaires, le Centre d’exposition ou le Club des Val-Heureux, entre autres. Et ils ne sont pas les seuls… En 2013, selon Statistique Canada, plus de 2 millions de Québécoises et Québécois âgés de 15 ans et plus réalisaient annuellement du bénévolat au Québec. Ces personnes ont contribué, au cours de cette année-là, pour 268 millions d’heures auprès d’organismes québécois. Ces heures représenteraient 5,6 milliards de dollars si elles étaient rémunérées au salaire moyen versé au sein d’organismes communautaires.

Le bénévolat est un phénomène social constitué d’actions qui permettent à des individus, des groupes et des collectivités de se donner des services, de nouer des liens, de résoudre des difficultés, de réconcilier des intérêts personnels et des valeurs. Ce sont des actions faites gratuitement et au service des autres. Le bénévolat est une institution qui génère ou soutient ces actions et leur donne une place et une légitimité au sein de la société. C’est aussi un ensemble de fédérations et d’associations qui régulent ces actions et donnent aux bénévoles une identité commune et une expérience semblable, comme la FADOQ, les Optimistes, la Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade, etc.

On se décide à faire du bénévolat par plaisir ou par intérêt pour une activité précise, comme la plupart d’entre nous qui écrivons dans ce journal ou comme ceux qui marchent à côté des enfants jusqu’à l’école dans le Trottibus local. D’autres s’y mettent pour socialiser et développer un sentiment d’appartenance à un groupe avec qui ils partagent un intérêt commun, comme ceux qui arbitrent au hockey ou au soccer ou s’impliquent dans le maintien du parc régional Val-David–Val-Morin. Certains veulent réaliser un projet social ou défendent une cause citoyenne qui leur est chère, comme le comptoir alimentaire ou le projet de Maison Phoenix destiné aux aînés. À cause d’activités personnelles ou familiales, on se retrouve parfois bénévole dans un comité de parents ou encore proche aidant… Quelquefois, pour rendre service ou redonner à la communauté, on s’offre pour monter un événement telles la Féria d’hiver, l’Halloween, ou bien pour contribuer au centenaire de son village! Cela vous rappelle quelqu’un? Vous vous reconnaissez dans ce portrait? Impossible de vivre dans cette municipalité sans rencontrer régulièrement une personne qui contribue d’une façon ou d’une autre à améliorer le vivre-ensemble et à maintenir notre qualité de vie citoyenne.

Aujourd’hui, les motifs d’engagement ne reposent plus sur une base religieuse ou morale comme autrefois, mais plutôt sur le besoin individuel des gens à tisser des liens et à acquérir une identité sociale. Les motivations recherchées pour réaliser du bénévolat combinent le désir de servir et la recherche de satisfaction personnelle. Les personnes s’engagent si elles se sentent touchées par une cause, si elles ont confiance en l’organisation et que l’ambiance semble agréable. La tâche proposée doit correspondre aux champs d’intérêt de chacun et doit être significative. On ne sera pas surpris d’apprendre que le temps à offrir constitue le principal obstacle au bénévolat et que 77 % des heures qui y sont consacrées sont accomplies par 25 % des bénévoles. La plupart des bénévoles s’engagent envers des organismes de bienfaisance ou sans but lucratif pour des raisons altruistes et le plus souvent réalisent qu’ils en tirent eux-mêmes des avantages considérables. Nombreux sont ceux qui ont déclaré que leurs activités de bénévolat leur avaient donné l’occasion d’acquérir de nouvelles compétences et d’améliorer celles qu’ils avaient déjà en relations humaines, en communication, en organisation, en collecte de fonds et en travail technique ou de bureau. D’autres bénévoles ont également mentionné que ce travail leur avait permis d’enrichir leurs connaissances dans divers domaines. Ce sont les personnes entre 45 ans et 65 ans et plus qui donnent en majorité de leur temps, question d’expérience ou de temps disponible? Cependant, aujourd’hui, les jeunes sont de plus en plus actifs et engagés pour l’environnement et l’avenir de notre Terre. De nos jours, à Val-David, on retrouve beaucoup plus de papas impliqués dans des activités bénévoles familiales ou les comités de parents qu’autrefois. Cette implication collective d’hommes et de femmes a été démontrée avec brio lors de l’obtention d’une nouvelle école pour bientôt sur notre territoire.

Dans l’ensemble des provinces et des territoires en 2010, la Saskatchewan avait le plus haut taux de bénévolat encadré au sein d’organismes sans but lucratif (58 %), tandis que les taux les plus faibles ont été observés au Québec et dans les Territoires du Nord-Ouest (tous deux à 37 %). Les choses ont sans doute changé depuis 10 ans, du moins on l’espère! À Val-David, l’implication sociale est une valeur importante et encouragée. Elle permet aux nouveaux venus de s’intégrer dans la communauté et aux autres, de partager leur amour de leur village.

 

Plus de 8 Canadiens sur 10 aident directement les autres (bénévolat non encadré)

Les organismes ne sont pas les seuls bénéficiaires du temps et de l’énergie que consacrent les Canadiens au bénévolat. En fait, comparativement à la proportion de ceux qui font du bénévolat encadré, près du double des Canadiens de 15 ans et plus offrent de l’aide directe non encadrée à des personnes vivant à l’extérieur de leur ménage – parents, amis ou voisins. En 2010, 83 % des Canadiens sont venus en aide à quelqu’un qui en avait besoin au moins une fois pendant l’année. La plus grande partie de l’aide directe à autrui (bénévolat non encadré) était du soutien relatif à des activités de tous les jours. Soit l’on aide aux tâches ménagères, à l’entretien de la cour ou de la maison. Soit l’on prodigue des soins de santé ou des soins personnels tels qu’un soutien émotionnel, des conseils et des services de consultation ou du gardiennage non rémunéré. Il peut s’agir d’aider une personne en faisant ses courses ou en la conduisant au magasin ou à un rendez-vous. L’aide peut également consister à épauler quelqu’un à effectuer des tâches administratives telles que préparer des déclarations de revenus, effectuer des opérations bancaires ou remplir des formulaires. Certains ont donné des leçons gratuites à une personne en l’encadrant, en lui servant de tuteur ou en l’aidant à lire.

Ce genre d’aide personnelle non rémunérée, discrète et individuelle, dont la plus exigeante est bien celle de proche aidant, est d’une grande importance et contribue à la qualité de vie de notre société. Les personnes du 4e âge qui ont déjà beaucoup donné en bénévolat sont souvent plus à l’aise avec ce genre d’activité parfois plus souple, comme le faisait André à 85 ans, ou comme le fait encore aujourd’hui Yvan, à 90 ans. Ils y trouvent leur compte en se rendant utiles et en rencontrant d’autres personnes.

 

 

Portrait d’une bénévole bien active : Louise Gervais

 

Raymond, Richard, Mireille, Louise, Agnès, Sébastien ou Nathalie et bien d’autres bénévoles d’aujourd’hui ou d’hier animent en douce la vie tout spécialement active de notre municipalité. Ils suivent bien souvent l’exemple de leurs parents et deviennent eux-mêmes des modèles pour leurs enfants.

Voici donc une personne qui pratique ce genre d’activité presque comme un second métier…

Louise GervaisRetraitée, Louise Gervais retrouve le plaisir de rencontrer des gens en donnant de son temps à plusieurs causes très diversifiées, d’abord dans le domaine hospitalier, qui lui est familier et où elle a longtemps travaillé. Depuis plus de 5 ans, dont 2 régulièrement, chaque semaine, elle se rend au pavillon Philippe-Lapointe, le CHSLD de Sainte-Agathe, pour amener de nombreux résidents chez la coiffeuse pour une coupe de cheveux ou une mise en plis. Elle passe plusieurs soirées au Théâtre du Marais pour accueillir le public et le diriger dans le théâtre. En retour de ce bénévolat, elle peut assister sans frais aux spectacles de choix qu’on y présente! Les Val-Heureux, la section locale de la FADOQ, peuvent aussi compter sur elle pour installer le local lors de leurs parties de cartes hebdomadaires ou mensuelles.

Ce travail gratuit lui apporte du bonheur, car elle se sent appréciée et y trouve une chaleur humaine difficile à obtenir ailleurs. Se définissant comme super sociable, Louise Gervais admet que le bénévolat est une façon unique de consolider des liens sociaux indispensables à son équilibre. Elle trouve aussi que cela lui permet d’apprécier intensément le moment présent. À 73 ans, Louise n’est pas près d’arrêter de donner de sa personne, et elle trouve même le temps d’aider sa fille dans la collecte de fonds qu’elle a entreprise au profit de la Société canadienne du cancer. Il lui arrive également de prêter mainforte à l’occasion à des événements particuliers à Val-David, où elle réside à l’année depuis bientôt vingt ans. Elle croit qu’il faut proposer ses services aux organismes qui nous intéressent et que tous peuvent apporter une contribution valable à la société si on sait bien gérer son temps!

 

En conclusion 

DONNER DE SON TEMPS, dans le joyeux temps des Fêtes et à l’année,

c’est un cadeau beau, bon, pas cher et non polluant.

Vous désirez vous impliquer? Adressez-vous au Service Loisirs et culture et vie communautaire de Val-David, au 819 324-5678, poste 4228, ou par courriel : [email protected]

Vous pouvez aussi consulter https://www.rabq.ca/benevolat-en-chiffres.php, du Réseau de l’action bénévole du Québec.