Maison Art et culture Mise au point, dans un souci de vérité historique

Mise au point, dans un souci de vérité historique

Jean Morin, entouré de ses choristes, vers 1975.

 

NDLR – En référence à l’article de Patrice Férarès Il était une voix…, paru dans notre édition de décembre 2019, Madame Thérèse Dumesnil nous a demandé de publier le texte ci-dessous. Le voici, revu par l’auteure après publication et remis, pour quelques détails, dans son état originel.

 

 

Thérèse Dumesnil

Val-David, 16 décembre 2019

 

Bravo, Patrice, pour ton article sur la naissance de la Chorale de Val-David. La matière était « délicate » et dans l’ensemble, tu l’as bien rendue. Mais je m’en voudrais de laisser ridiculiser la mémoire de Jean Morin par l’allégation selon laquelle dès septembre, nous tenions nos répétitions hebdomadaires « en vue de pouvoir chanter à la messe de minuit du Noël suivant ». Plus de trois mois à piétiner entre le bœuf et l’âne gris?? La participation à la messe de minuit fut un événement fortuit et non un but.

 

À l’été 1974, c’est une vraie chorale que nous avons fondée, Agnès Guay Sarrazin, René Larochelle Giraldeau et moi, autour de ce piano que tu as voulu photographier… C’est à cela que Jean a dit oui, se mettant illico à puiser chez Mozart, Rameau, Gadbois et compagnie des pièces du répertoire choral, pendant que nous recrutions de solides voix à Val-David, Sainte-Agathe et ailleurs. Trop occupé au scalpel, notre ami Jean-Louis Lalonde a dû nous laisser tomber très tôt. J’ai donc pris la relève au piano, ajoutant au passage des cours de solfège.

 

Au printemps, Jean étant absent quelques semaines pour des raisons de santé, nous avons peaufiné le menu de la Saint-Jean qu’il avait concocté. À son retour, à temps pour la fête nationale, je lui ai remis la baguette. Il jubilait d’entendre sa Chorale de Val-David, fin prête pour ses premières planches… et fière de lire son nom au programme officiel des célébrations. Une appellation d’origine et non une tare… À la manière des grands orchestres symphoniques de Vienne, Berlin, Londres, New York, etc., avec leurs musiciens de toutes provenances.

 

Agnès, à qui j’ai lu mon texte, insiste pour y ajouter un démenti formel à la rumeur voulant que la maladie lui ait fait tourner le dos à la chorale, où elle chantait depuis plus de 35 ans : « C’est le changement de nom qui me révoltait. Voilà. Il faut que ce soit dit. »

 

Merci, Patrice, pour ton engagement dans ton village d’adoption. Bonne chance pour la suite. Déformation professionnelle exige : j’ai la conscience du devoir de mémoire accompli.