Maison Communauté NOUVEAU RESTO À VAL-DAVID : Cœur de Provence

NOUVEAU RESTO À VAL-DAVID : Cœur de Provence

Simple, simple, mais craquant

(dixit Josée di Stasio)

 

J’ai voulu citer Josée di Stasio dès le départ parce que cette expression, qu’elle emploie pour désigner les recettes qui lui vont droit au coeur, s’applique parfaitement à l’approche de Johanne et François, nos « Cœur-de-Provençois » tout juste installés à Val-David. Après 18 ans à Sainte-Adèle avec leur resto éponyme et le « Sucré-salé » de belle mémoire, ils réalisent leur rêve de venir chez nous. Pour notre plus grand plaisir.

Coin de l’Église et de La Sapinière, ils ont tout refait dans l’ancien Bistro de la Gare. Avec leur accent chantant du sud de la France, sur une cuisine à portée de toutes les bourses, ils donnent la plus haute note aux produits de terroir de chez nous :artisab les fromages sont tous du Québec, le café vient de la Brûlerie artisanale de Val-Morin, les petits pots sur les tablettes s’alignent, pour les plus lointains, de la Gaspésie (le miel du Petit Rûcher).

Au Cœur de Provence, tout est soigné : le décor, mais aussi les plats, faits « à la main » par une Johanne qui a manifestement un plaisir fou à cuisiner. Pour le petit déj. et le dîner, chaque jour des plats différents sont proposés en sus de la carte. Et parfois aussi, on garde les tardifs qui traînent en terrasse jusqu’au souper. Bah, on fait ici les choses comme en Provence : avec sérénité et le sourire. On offre même de l’eau à la chlorophylle ou citronnée aux passants qui ont une petite soif…

François Navarro est né à Nyons, parmi les meilleurs oliviers du monde, et Johanne Soulier sous le soleil d’Aix. Avec leurs fils Bastien et Thibault, et la complicité des belles-filles, ils forment à eux seuls une petite communauté culinaire. Tout le monde, ici, a le cœur à l’ouvrage bien fait. Au Québec depuis qu’ils ont vendu leur restaurant Framboise à Aix, ils se sont installés dans le métier (hélas, sans leur chat Cerise, resté en France, trop vieux pour découvrir l’Amérique) avec une approche modeste mais exigeante de la cuisine. On écoute Johanne et on croirait entendre Ducasse : « les produits locaux, les plus frais, seulement et d’abord, explique-t-elle. Après, il faut travailler les plats, les clients sont de la famille ».

Cœur de Provence propose donc un menu sans fioritures, mais parfaitement délicieux et toujours soigné : la soupe du jour est vraiment du jour, les salades sortent à peine du jardin et elles se présentent dans leurs plus beaux atours. Les planches de charcuteries et de fromages sont une fête pour les yeux et les papilles. Le « grilled cheese » a le cœur moelleux des fromages de l’Isle-aux-Grues. Et Bonne Mère! Le café, hé! Il est préparé dans une sorte de Ferrari luminescente à l’italienne, bientôt servi dans de petites tasses artisanales créées par un céramiste d’ici. Que du plaisir.

Nul doute que François et Johanne seront accueillis avec une chaleur toute provençale à Val-David. Car en fin de compte, nous aussi, on aime la cuisine qui a un accent chantant.