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Capture d'écran lors de la rencontre préélectorale Zoom du 25 oct. 2021

Lettre ouverte aux candidat.e.s à la mairie

Michel-Pierre Sarrazin

Éditeur, journal Ski-se-Dit

Nous avons été heureux, ce 25 octobre[1], de voir réunis sur un même écran la majorité des candidats à la prochaine élection municipale. Vu de l’extérieur, cela donnait l’impression que tous les participants étaient de bonne volonté, quel que soit leur côté de la clôture, et c’était certainement le cas. Tous nous ont paru sensibles au bien commun et tous, avec des méthodes différentes selon les différents points de vue, veulent certainement que Val-David reste un village ouvert aux gens de bonne volonté.

Ce qu’il y avait de remarquable, dans ces interventions venant des candidats indépendants comme des membres du parti de madame Forget, c’était la singulière ressemblance des solutions aux problèmes communs : La Sapinière et les développements à attendre de ce chantier complexe, la circulation qui se densifie à la semaine longue rue de l’Église et aussi sur les grands axes, la volonté d’éviter d’augmenter les taxes, le besoin de répondre au développement de tous les secteurs résidentiels, incluant la 117. C’est aussi cette similitude entre les préoccupations des deux partis qui agace ceux qui attendent du changement. On ne veut pas simplement changer d’alignement, on veut une nouvelle manière de jouer.

Vu de l’extérieur de la mairie, il nous faut tout de même espérer que, d’un côté comme de l’autre, on gardera la tête froide et les pieds sur terre devant la tâche toujours difficile de plaire à tout le monde et à son père. L’idée est de rester imprégné dans toutes les décisions, du principe de bien commun. Ce n’est pas si facile.

Et puis, il y a l’avenir. Ce vaste néant qu’il faut peupler de projets désirables et désirés.

Développer la 117, par exemple, une belle idée, dans la mesure où elle ne détruira pas le cœur villageois, comme on a vu, à Sainte-Agathe, alors que la venue d’un géant de l’alimentation a contribué à étouffer les commerces du centre-ville. Il faudra protéger le modus vivendi du noyau villageois à Val-David, qui s’est toujours développé autour du petit commerce et des services de base, comme le Metro, la pharmacie, le bureau de poste et la Caisse populaire. Les restos et les boutiques, le marché public, les 1001 Pots, la bibliothèque et les événements autour de l’église, voilà ce qui, depuis 100 ans, a été le cœur battant du village. Il ne faudrait pas, pour inventer l’avenir, effacer ce passé modeste mais glorieux.

Sur la 117, il faudrait plutôt stimuler la venue de grandes entreprises qui sont une source importante de revenus fonciers. Le départ récent des Tisseur (partis à Sainte-Adèle construire un immeuble de 20 millions et en voie de créer 300 emplois) et le départ prochain de I-Land, n’ayant pas d’autre choix que d’aller s’installer ailleurs, devraient soulever un questionnement sérieux concernant notre développement des affaires. Soutenir les commerces existants, bien entendu, mais tracer surtout un plan d’ensemble pour harmoniser les diverses zones d’activités : le noyau villageois, les périphéries immédiates, les services publics assortis (circulation routière fluide, autant pour les voitures que pour les vélos et les piétons), et prioritairement : préserver l’irremplaçable paysage qui fait de Val-David un écrin de verdure habité.

Car enfin, l’avenir, c’est trouver des solutions aux problèmes existants, certes, mais plus encore tracer la voie à ce qui fait qu’un lieu est unique, tout naturellement, et vivant, grâce à l’imaginaire de ses habitants. Paris ne serait pas Paris sans Haussmann, Barcelone sans Gaudi, et ainsi de suite. Il faut faire preuve d’imagination, toujours.

Ici, nous parlons souvent de culture et de plein air, mais quand arrive le temps d’agir, nous manquons parfois d’audace. La place publique, où se tient depuis vingt ans le marché public le plus populaire des Laurentides, semble oubliée dans les cartons du futur Val-David, comme on a oublié l’importance, en cours de route, du Couvent, de la Butte et de 1001 autres choses. Depuis la pandémie, les restaurants du village s’en tirent en fermant la moitié de la semaine, mais pour un visiteur, petit déjeuner au village est devenu impossible. Alors, il faut créer un autre esprit des lieux. Travailler avec ceux qui ont fait le Val-David d’aujourd’hui, et avec ceux qui feront celui de demain. Il faut que l’écoute tant réclamée se traduise par des projets concrets et réalisés selon un calendrier connu de tous.

« Ce que j’ai vu hier, de dire Réjean Gaudreau, animateur de la soirée du 25 octobre, c’est le Val-David que j’aime. Le Val-David du dialogue, tous partis confondus. » Le Val-David tout simplement heureux de son sort, qui est de vivre encore loin du bruit et de la fureur et qui espère que l’avenir sera aussi courtois que le fut cette rencontre du 25 octobre.

 

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[1] Blitz d’information organisé en virtuel par le journal Ski-se-Dit et la Chambre de commerce du Grand Sainte-Agathe.