Maison Actualité Ski se bouge : CUBA LIBRE!

Ski se bouge : CUBA LIBRE!

Affiche patriotique sur la route menant à Banes, 2017

François Gohier

Résident de Sainte-Agathe-des-Monts

 

Jadis cri de ralliement des révolutionnaires de 1959, le Cuba libre est un rafraîchissement cousin du rhum & coke et aujourd’hui, plus fréquemment rencontré autour de la piscine d’un tout-compris que dans la chaleur du maquis…

L’automne comporte un petit deuil pour le cycliste : celui de devoir remiser son vélo ou de l’immobiliser au sous-sol sur une base d’entraînement. Le compromis est de taille.

Et la tentation est forte de tromper la grisaille de novembre en grappillant une semaine de vélo additionnelle sous les tropiques. Cuba s’impose alors pour plusieurs raisons : le climat, les parcours, la sécurité et le coût.

Plusieurs grandes organisations comme Vélo Québec ou Voyages Gendron offrent des excursions, guidées ou non, vers des destinations prisées des cyclistes. À Cuba, Varadero ou Holguin reviennent souvent dans les choix de lieux de vacances pour les gens qui aiment rouler.

VARADERO

Essentiellement une lagune et une suite d’hôtels. C’est un parcours qui longe la mer, agréable mais plutôt venteux. Rapidement redondant, toutefois. Pour s’affranchir du même circuit, on peut planifier une destination d’une centaine de kilomètres (total : aller-retour) à la ville de Matanzas.

La randonnée culmine dans un parc élevé de la ville donnant une vue impressionnante des environs. Le parc constitue une oasis de fraîcheur au faîte d’une ville aux rues serrées et plus dédiées à la circulation motorisée qu’à l’effort individuel… un p’tit vite parmi nous a d’ailleurs rapidement rebaptisé Matanzas en Matane-exhaust! Il faut le dire : les cyclistes en recherche de grand air sont particulièrement mal servis à l’intérieur des agglomérations à Cuba. La campagne constitue un bien meilleur choix.

HOLGUIN

Holguin est une grosse ville, chef-lieu d’une région qui comprend plusieurs stations balnéaires reliées entre elles par des chemins de l’importance de notre route 329, mettons.  Là se limite la comparaison, toutefois, car on y rencontre plus de charrettes tirées par des chevaux que de véhicules motorisés! Ce sont des routes à deux voies sans accotement, donc on roule à tout moment dans le chemin, au même titre que les charrettes, les voitures et les autobus. C’est un peu stressant au début, mais on s’y habitue assez vite, car il n’y a que très peu de circulation dans cette région, et les conducteurs sont respectueux des cyclistes. Ils ralentissent et doublent en laissant une bonne marge de manœuvre. Je n’ai personnellement jamais craint pour ma sécurité sur ces chemins.

Sauf une seule fois : une moto arrive de face et le gars nous fait signe de nous enlever du chemin. Ce qu’on ne fait pas automatiquement, et sans comprendre pourquoi… Puis suivent, un peu plus tard, une bonne centaine de cyclistes full speed qui prennent toute la largeur de la route et qui nous frôlent en lançant des injures multilingues… Une course ou une épreuve quelconque, apparemment. On a été quittes pour une bonne frousse!

Les tout-compris situés entre Guardalavaca et Playa Pesquero font l’affaire. On y rencontre beaucoup de cyclistes québécois, en petits groupes ou encadrés par des voyagistes spécialisés.

De là, la ville de Holguin constitue une bonne destination à plus d’une centaine de kilomètres (aller-retour), sur le plat, la plupart du temps. Plus exotique, l’excursion vers la ville de Banes est ma préférée. En terrain montagneux, croisant des petits villages typiques, elle débouche sur une agglomération de la grosseur de Saint-Jérôme. On y avait trouvé un petit resto offrant un cappuccino qui valait le détour.

Bref, l’ajout d’une semaine de vélo à une saison bien remplie, c’est un cadeau difficile à refuser. Cuba libre! Salud!