Maison Actualité Ski-se-bouge : À la découverte du Sentier des cimes

Ski-se-bouge : À la découverte du Sentier des cimes

François Gohier
Résident de Sainte-Agathe-des-Monts

 

Fin des années cinquante, mon père nous emmenait occasionnellement faire « un tour de machine » à la pisciculture de Saint-Faustin le dimanche après-midi. On achetait à l’entrée un petit sac de bibittes séchées à donner aux poissons pour les faire sauter et mieux les admirer. Ça fonctionnait diablement bien, les poissons en croissance avaient manifestement faim tout le temps.

Une fois passée l’aire des bassins de la pisciculture, il y avait tout au fond un petit zoo dont la vedette était un paon mâle qui ne se gênait pas pour déployer sa queue en éventail aux couleurs chatoyantes. Quand tu vois ça pour la première fois, tu t’en souviens!

Juillet 2022

L’ancienne pisciculture se nomme maintenant le Sentier des cimes. Les mêmes lieux ont connu diverses vocations au cours des dernières décennies, mais l’endroit semble maintenant vivre sa vocation ultime : une nouvelle attraction touristique d’envergure internationale, fruit d’un partenariat entre EAK Sentiers des cimes et la MRC des Laurentides.

Sur le site internet de la firme allemande EAK, initiatrice du projet, on constate que cette infrastructure à Mont-Blanc fait partie d’un réseau « d’installations de loisir proches de la nature » principalement situées en Allemagne, mais aussi en République tchèque, en Slovaquie et en Autriche. Une organisation solide, donc, qui va assurer le succès de cette entreprise dans les Laurentides.

Le bâtiment principal en pierre, emblème de l’endroit, est toujours là, agréablement rafraîchi, ainsi que le bassin central hébergeant maintenant quenouilles et autres plantes aquatiques, et qu’on peut toujours traverser par le milieu, comme autrefois. La nostalgie est néanmoins de courte durée! Le visiteur est rapidement subjugué par l’aspect grandiose des installations hors-normes qu’on peut admirer une fois franchi le bâtiment d’accueil. Une passerelle invite le visiteur à s’aventurer en forêt vers une première structure. Des escaliers (ou l’ascenseur pour les poussettes ou les personnes à mobilité réduite) permettent de monter à hauteur de la canopée* pour la suite de la randonnée.

Pour un ancien adepte du Meccano comme moi, l’attention se porte d’abord sous l’ouvrage de bois pour tenter de comprendre comment tout cela peut bien tenir si haut dans les airs… si solidement! Car c’est un petit chef-d’œuvre d’ingénierie : les éléments porteurs sont surtout d’énormes poteaux de bois traité fixés par des attaches fabriquées sur mesure en acier galvanisé. Rien ici ne peut prêter le flanc à la corrosion. En tant que bricoleur, je ne peux m’empêcher d’apprécier la qualité évidente de tout ce montage et… de tenter d’imaginer le coût du projet!

La passerelle de bois sillonne entre les faîtes des arbres sur une distance impressionnante. On ne distingue pas encore la tour, mais l’intérêt du visiteur est souvent relancé par les nombreux panneaux d’information richement illustrés sur la faune et la flore du territoire. Les architectes ont même eu la bonne idée d’inclure quelques défis d’hébertisme destinés aux enfants au cours de la montée.

À l’aller, on monte graduellement l’équivalent d’un faux plat jusqu’à la tour. Il est surprenant de constater que cette tour est essentiellement la continuation du trottoir, qui prend de l’altitude de façon spiralée.

Alors qu’on commence à découvrir le paysage alentour, le premier point d’attraction est la station de ski Mont-Blanc située juste en face. Puis, la hauteur aidant, on peut admirer du côté ouest la vallée de Saint-Jovite. Quelques circonvolutions encore et on voit émerger le clocher de l’église du côté du lac Mercier.

Le vent est nettement plus présent à mesure que l’on grimpe dans la tour. Ceux qui souffrent du mal des hauteurs auront certainement « un petit feeling » de ce côté-là! Mais c’est essentiellement dans la tête, car la structure, elle, ne bronche pas du tout. Un travail de maître.

Tout en haut de la tour, un grand et solide filet est tendu comme un trampoline sur lequel les plus braves s’aventurent pour quelques rebondissements au-dessus du vide. Les enfants surtout semblent adorer!

 

Quelques statistiques

Hauteur de la tour : 40 mètres (équivalant à 12 étages)
Hauteur du sentier : jusqu’à 20 mètres
Longueur totale du sentier : 1,4 kilomètre
Pente maximale : 6 %
Pour plus de renseignements ou planifier une visite : www.sentierdescimes.ca/laurentides

 

* Canopée : partie de la forêt correspondant à la cime des arbres.