
Ski-se-bouge :
François Gohier, Résident de Sainte-Agathe-des-Monts
Les adeptes du pickleball aiment décrire cette activité sportive comme celle qui montrerait présentement la progression la plus soutenue. Plusieurs indices tendent d’ailleurs à le confirmer : des terrains clôturés, jadis dédiés au tennis, sont maintenant reconfigurés pour accommoder des surfaces plus petites (grandeur badminton), adaptées à la pratique du pickleball.
L’engouement pour cette activité, très présent sur les réseaux sociaux, interpelle le baby-boomer mature que je suis. Qu’est-ce que les gens de ma cohorte peuvent bien trouver de si captivant à ce passe-temps pratiqué sur un « terrain de tennis qui a rapetissé au lavage »? Pour tenter d’y répondre, je me suis rendu à quelques endroits de prédilection de ce sport pour observer ce qui se passe sur le terrain et engager la conversation avec des joueurs en attente de leur tour sur le court.
Le pickleball m’apparaît de prime abord comme une synthèse du tennis, du ping-pong et du badminton. S’il emprunte les règles de base de ces trois disciplines, il semble de plutôt favoriser les interactions sociales et les rapprochements entre les individus.
Les joueurs rencontrés insistent d’ailleurs beaucoup sur la dimension sociale de l’activité. La cohésion est nécessaire entre les joueurs des deux côtés du filet pour favoriser un environnement agréable. Comme dans la pratique du vélo, où il est essentiel de faire partie d’un peloton homogène, on dit qu’une bonne partie de pickleball repose principalement sur la compatibilité des joueurs sur le terrain. Certains sont par nature plus compétitifs et recherchent la compagnie de joueurs partageant cette qualité. D’autres désirent s’amuser avant tout et vont rechercher en priorité les bons vivants du milieu.
Si les tournois de pickleball de haut niveau qu’on peut visionner en ligne présentent surtout des joueurs jeunes et sveltes, la réalité des amateurs de pickleball constatée sur les terrains diffère quelque peu… La moyenne d’âge des joueurs est élevée. Parce que c’est une activité pour laquelle il n’y a pratiquement pas de barrière d’entrée, m’explique-t-on. Il est relativement facile, dès les premiers essais, de retourner une balle vers la partie adverse. La différence entre débutants et joueurs expérimentés est néanmoins très évidente. Question de vitesse, de réflexes et, globalement, de stratégie. Les bons joueurs se démarquent!
Comment qualifier l’allure du jeu? Les échanges ressemblent à ceux du tennis en double : beaucoup de réparties près du filet entrecoupées de plusieurs coups vigoureux à la volée, sans rebond préalable au sol. C’est parfois très rapide. On a l’impression de passer du racquetball au ping-pong en un rien de temps!
Le manque d’échauffement et les blessures
Un article du New York Times du 20 août dernier soulignait le fait que la clientèle d’âge mûr de cette activité sportive sous-estime grandement la préparation nécessaire à ce jeu en apparence peu exigeant. Selon The Journal of Emergency Medicine, en 2017 seulement aux États-Unis, 19 000 blessures traitées étaient imputables à la pratique du pickleball, 90 % de celles-ci chez des gens de 50 ans et plus : étirements du talon d’Achille, hernies discales, épicondylites latérales… rebaptisées « pickleball elbow ». La liste des types de blessures est assez longue. Il ne faut pas négliger les étirements préalables, donc!
Pour partir du bon pied
Des cours de pickleball sont disponibles et à prix modique un peu partout dans les Laurentides pour qui désire s’initier et progresser plus rapidement. Ces formations incluent entre autres des consignes précises sur les bons mouvements à privilégier pour éviter les blessures décrites plus avant.
À noter : le pickleball se pratique en toute saison, certains gymnases offrant l’activité durant l’hiver aussi.
L’origine du nom pickleball
Le nom viendrait du chien de l’inventeur américain de ce jeu. Le chien se nommait justement Pickle! Lorsque la balle tombait hors du terrain, on criait « Pickle… ball! » pour que le chien la rapporte. C’est resté.
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Pendant ce temps…
Je me prépare pour une virée de deux semaines à vélo dans les Alpes-Maritimes, début septembre. Un groupe organisé de mordus de la pédale auquel nous nous joignons, Daniel Descôteaux et moi-même, pour taquiner les pentes.
Nous avons déjà téléchargé sur nos Garmin les 43 parcours proposés, dont celui du col de la Bonnette, une étape mythique du Tour de France. C’est prometteur!
Malgré les dénivelés cumulatifs impressionnants de ces parcours hors-normes, on nous répète qu’il n’y a pas lieu de s’affoler : les chemins sont conçus en lacets pour minimiser les variations d’angles des pentes. Il s’agirait donc de déterminer le bon braquet… et de mouliner… encore et encore. On verra bien… je vous reviens là-dessus!




