Maison Actualité Le concept d’inclusion

Le concept d’inclusion

Ski s’étudie :

Afin d’aider les nouveaux élèves, Ski-se-Dit publie, en collaboration avec le Centre collégial de Mont-Tremblant, une chronique régulière d’information générale. Ce mois-ci, discussion sur l’intégration et, encore plus, l’inclusion.

 

Pierre-Hugues Boucher
Conseiller à la mobilité

 

Depuis plusieurs années au Québec, le mot « intégration » est sur les lèvres de plusieurs politiciens, surtout lorsqu’il est question des personnes immigrantes. Or, pour être une société plus juste et équitable, on se rapporte généralement davantage au concept d’inclusion plutôt qu’à celui d’intégration.

Pour distinguer ces concepts, le secrétariat Équité, Diversité et Inclusion (EDI)[1] de l’UQAM explique que « l’inclusion se rapporte à la création d’un environnement où tous les gens sont respectés de manière équitable et ont accès aux mêmes possibilités[2] ». « L’inclusion se focalise sur l’élimination des obstacles à travers la transformation des milieux plutôt que sur le fait d’outiller les individus pour dépasser les obstacles. Elle est une responsabilité collective alors que l’intégration fait reposer la responsabilité sur les individus[3]. »

Dans l’enseignement supérieur, des mesures concrètes d’inclusion sont mises en place dans nos institutions depuis désormais plusieurs dizaines d’années. Nous n’avons qu’à penser aux ascenseurs ou aux rampes d’accès pour les personnes à mobilité réduite, aux toilettes mixtes ou non genrées pour les personnes issues de la diversité de genres, au programme de prêts et bourses pour les personnes issues de milieux économiques plus précaires.

Toutefois, d’un point de vue philosophique, le concept d’inclusion se rapporte davantage au principe d’égalité des chances. Principe selon lequel tout le monde devrait avoir les mêmes possibilités professionnelles, scolaires, ou plus largement sociales et économiques. Or, malheureusement, l’accès à l’enseignement supérieur relève davantage du principe d’équité que du principe d’inclusion.

En effet, les critères de sélection et d’évaluation se veulent équitables dans nos institutions, mais pouvons-nous réellement parler d’égalité des chances? Les efforts sont perceptibles pour que nos milieux deviennent réellement inclusifs, mais le chemin reste encore très important, avec les besoins et les réalités de la population qui changent au fil des générations et la prise de conscience de biais souvent inconscients.

Plusieurs exemples nous démontrent effectivement que deux enfants nés au Québec au même moment n’ont pas les mêmes chances d’accéder à des études postsecondaires. Nous n’avons qu’à penser aux personnes autochtones qui doivent quitter leur communauté dès la jeune dizaine pour poursuivre leurs études secondaires en milieu urbain, aux personnes immigrantes qui doivent fournir un diplôme d’études collégiales (DEC) à leur employeur pour atteindre une certaine échelle salariale alors que les DEC n’existent qu’au Québec, aux personnes qui doivent travailler à temps plein pendant leurs études pour subvenir à leurs besoins ou à ceux de leur famille. La liste d’exemples est bien longue.

Dans la plupart des institutions publiques du Québec, un comité Équité, diversité et inclusion (EDI) a été mis sur pied pour veiller à réduire les injustices. Le chemin reste toutefois long et rempli de défis. Espérons que la diversité grandissante de la société québécoise sera porteuse de changements positifs et que le concept d’inclusion vienne progressivement substituer celui d’intégration parce que tout le monde gagne à s’ouvrir à l’autre.

 

[1] https://edi.uqam.ca/a-propos/secretariat-edi/

[2] https://edi.uqam.ca/lexique/inclusion/

[3] Ibid.