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Trouver sa place dans les Laurentides

François Morelli, Diane Charbonneau et Didier Morelli

Les Charbonneau-Morelli ont trouvé à Val-Morin l’endroit rêvé pour s’établir dans les Laurentides

 

Jocelyne Aird-Bélanger

Résidente de Val-David

 

Diane Charbonneau, François Morelli et leur fils Didier se sont établis il y a 3 ans à Val-Morin, au cœur d’un village qu’ils connaissaient depuis toujours. En 2019, Morelli, artiste et professeur, prenait sa retraite de l’Université Concordia. La même année, Diane Charbonneau, sa conjointe, prenait la sienne du Musée des Beaux-Arts de Montréal, où elle travaillait comme conservatrice des arts décoratifs modernes et contemporains et de la photographie. Après avoir exploré l’Estrie, la Montérégie et une bonne partie des Laurentides, ils auront finalement décidé de venir vivre une partie de leurs semaines dans ce petit village, au cœur de nos montagnes qu’ils fréquentaient déjà régulièrement à pied, en ski de fond ou en vélo, hiver comme été.

Prérequis : la maison devait être près ou dans un village pour pouvoir aller partout à pied, y promener leur chien noir et blanc aux longues oreilles et aux courtes pattes, y acheter leur journal quotidien ou y faire quelques courses dans un dépanneur très bien garni. La maison idéale finalement trouvée au cœur tranquille de Val-Morin, à proximité du théâtre, de la mairie, de la bibliothèque ou de la poste, il fallut se mettre à la tâche et entreprendre quelques travaux indispensables à l’automne 2020. Si une de vos sœurs (Ginette) habite au lac Paquin, et l’autre (Lise) à Sainte-Agathe, il devient assurément moins compliqué de rencontrer des entrepreneurs fiables et de se lancer dans un chantier qui a duré un bon 2 ans. Cette maison de campagne, à la fois atelier et refuge de fin de semaine et de vacances, comble toutes les passions de cette famille, que ce soit l’amour de la nature, l’accès aux sports en toutes saisons, la rencontre avec des amis ou connaissances de jeunesse, la proximité de la famille, et cela, la plupart du temps, sans avoir à prendre la voiture.

Quand on est une maille de familles tricotées serrées, il y a un réel plaisir à rejoindre ce tricot chaleureux où chacun soutient la beauté du réseau. À partir des années cinquante, les Charbonneau venaient passer tous leurs étés au lac Paquin avant de s’y installer à l’année en 1974. Toujours alerte à 97 ans, Carmen Charbonneau, la mère de Diane, fut même élue en 2021 la doyenne de cette partie de Val-David qui célébrait alors son centenaire. Une de ses filles s’y est implantée et y a fondé une famille et voilà qu’une autre les rejoint…

François et Diane se connaissent depuis leurs 14 ans alors qu’ils habitaient le même quartier de Montréal et fréquentaient les écoles du coin. Ils se sont revus plus tard et ont chacun poursuivi de longues études avant de vivre ensemble et travailler quelques années à New York pour revenir un jour à Montréal, y trouver un emploi et y fonder leur propre famille. Mais les Laurentides et le lac Paquin n’étaient jamais loin de leur cœur. Ils y venaient lors de fêtes de famille, de mariages et autres occasions spéciales. Leur fils Didier est même né à l’hôpital de Sainte-Agathe en 1989! Durant son adolescence, il montait chaque semaine pour jouer au soccer sous la direction de sa tante Ginette, éducatrice aux services de garde de l’école de Val-David. La famille Morelli, d’origine italienne, partage également cet esprit de famille et maintient elle aussi des liens constants aves ses membres et la famille Charbonneau.

Toujours actif, Morelli l’artiste continue de créer dans les nombreux domaines des arts visuels qu’il maîtrise. Son atelier de Montréal dans Hochelaga, où son fils et sa conjointe, Arièle Dionne Krosnik, habitent maintenant, est indispensable à sa vie et à sa carrière. On le sait, les artistes ne se retirent jamais tout à fait… Vivre à l’année au cœur de nos montagnes demeure pour les Charbonneau-Morelli un scénario à long terme envisageable dans un avenir plus ou moins lointain. Pour le moment, ils passent autant de temps que possible, heureux, chez eux, à Val-Morin.

 

Né à Montréal, François Morelli a obtenu un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia en 1975. Au début de son travail, il est interdisciplinaire, performatif et relationnel. Il a vécu dans la région de New York de 1981 à 1991 et a obtenu une maîtrise en installation et performance artistique de la Mason Gross School of the Arts, Rutgers University, au New Jersey en 1983. Il a enseigné au Canada et aux États-Unis de 1981 à 2019. Lauréat de nombreuses bourses et résidences internationales, il expose son travail depuis 1977. En 1993, il a reçu le prix d’excellence de la Biennale de dessin et d’estampe d’Alma; en 2007, le prix Louis-Comtois de la Ville de Montréal, et en 2021, le prix Ozias-Leduc de la fondation Émile-Nelligan.

 

Diane Charbonneau est titulaire d’une maîtrise en communication de l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique et d’une maîtrise en muséologie (arts décoratifs) du Fashion Institute of Technology. Elle a été conservatrice de la photographie et des arts décoratifs modernes et contemporains au Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM), où elle a travaillé de 2000 à 2019. Commissaire adjointe de Village global : les années 60 (2003), elle a coordonné Il Modo Italiano : design et avant-garde en Italie du XXe siècle (2006). Commissaire interne des expositions Gábor Ösz : l’horizon fluide (2003), Tracey Moffatt (2005) et David Claerbout (2007), organisées dans le cadre du Mois de la photo à Montréal, Mme Charbonneau a aussi été responsable d’expositions montées à partir de la collection permanente du Musée.

 

Didier Morelli est boursier postdoctoral du Fonds de recherche du Québec (FRQSC) au département d’histoire de l’art de l’Université Concordia, où il enseigne actuellement. Il est titulaire d’un doctorat en études de la performance de la Northwestern University (Chicago, Illinois). Rédacteur en chef adjoint à Espace art actuel, son travail a également été publié dans Art Journal, Canadian Theatre Review, C Magazine, Esse Arts + Opinions, Frieze, Spirale et TDR : The Drama Review.