Maison Art et culture À livre ouvert : D’Oss à Peau-de-Sang, l’univers féminin libérateur d’Audrée Wilhelmy

À livre ouvert : D’Oss à Peau-de-Sang, l’univers féminin libérateur d’Audrée Wilhelmy

Gilles Chaumel

Anne Hébert, Monique Proulx, Dominique Fortier, Francine Noël comptent parmi mes autrices fétiches de la littérature québécoise. Toutes ont su mettre au monde des univers marquants, des personnages forts qui résonnent longtemps, des années après que l’on ait refermé leurs livres. Il en va de même pour Audrée Wilhelmy, qui vient de faire paraître, en ce six septembre Peau-de-Sang, son sixième ouvrage, si je me fie à ceux que j’ai en main.

Tous, depuis Oss en 2011, mettent en scène des femmes fortes, libératrices, au-delà des sévices qu’on leur fait subir, et qui vivent au cœur de bourgades où la nature, omniprésente, est toujours un personnage central, que ce soit au bord de la mer, ou au cœur d’un territoire jamais nommé. Comme Noé (Oss, Le corps des bêtes, Plie la rivière), femme puissante qui dompte la mer et dessine l’Univers; comme Daa, dans Blanc Résine, qui naît de 24 femmes; comme cette Peau-de-Sang plus grande que nature qui soigne les uns et libère les autres par le cœur et le sexe, sorcière bienveillante et toute puissante qui règle la vie de cette ville rurale du 18e siècle. Chacune vit donc dans un univers au-delà du temps et des lieux, portée par une écriture éminemment organique, savante des choses de la nature où elles puisent leur force et leur science.

Bon, loin de moi l’idée de faire dans l’analyse littéraire, j’écris ces quelques lignes uniquement pour donner à chacun/chacune le goût d’y plonger et de s’en imprégner.

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