
Phil Shaw
D’aussi loin que je me souvienne, maman a toujours travaillé particulièrement fort pour préparer le repas de Noël. Elle commençait dès la fin novembre à cuisiner pour le repas sylvestre. Elle perpétuait ce qu’elle avait connu du repas traditionnel, qui comprenait la dinde, la fameuse tourtière à la viande et le célèbre ragoût de pattes de cochon, suivis des desserts : pudding aux prunes, tartes aux pommes, tartes au sucre, et le fameux gâteau typique et attendu, la bûche de Noël au chocolat. Il y avait aussi les plats apportés par les tantes qui s’ajoutaient au repas et aux desserts déjà nombreux!
On commençait la journée du 24 avec l’enthousiasme de papa, qui avait vraiment hâte d’aller à la messe de Noël en soirée. Oui, mon papa était un champion de l’anticipation. Maman devait rester pragmatique avec la tablée à préparer pour le retour de la messe. Donc pas possible de ne pas se préparer en grande pour la belle et grande occasion de la messe de Noël à l’église familiale de Shawbridge. Au retour à la maison (ce que mon frère et moi anticipions depuis le début de la célébration!), c’était enfin le moment d’ouvrir les cadeaux!
Il y avait d’abord les « bas de Noël » suspendus au manteau de la cheminée, avec de petits cadeaux à l’intérieur. Il y avait ensuite les plus gros cadeaux minutieusement emballés déposés sous l’arbre de Noël, arbre naturel qui provenait de la famille Balsam. Mes parents aimaient beaucoup installer l’arbre au début du mois de décembre et le décorer amplement (guirlandes, lumières, anges suspendus et étoile tout en haut, en plus de la crèche avec tous les personnages) en écoutant un disque vinyle de Bing Crosby, Nat King Cole, Elvis Presley, Ray Charles ou Frank Sinatra par les haut-parleurs 5 x 3 pieds dans le salon! La soirée de l’arbre de Noël se terminait avec un feu dans la cheminée. J’aimais particulièrement le son des crépitements et les odeurs d’érable et de bouleau.
Le lendemain de Noël et les jours suivants – pour brûler les calories et libérer l’énergie accumulée! –, nous faisions du ski alpin ou de fond, du patinage, mon frère et moi jouions au hockey ou faisions de la luge, on prenait des marches en famille. Telles étaient les traditions : les « Shaw Christmas ».
À la fin de la période des fêtes, nous avions l’habitude de célébrer l’épiphanie le 6 janvier, qu’on appelait « la fête des Rois ». Maman préparait un gros gâteau et plaçait un haricot au milieu. Celui qui serait l’heureux découvreur du haricot deviendrait roi ou reine.
J’ai oublié de mentionner que mon activité préférée la semaine avant Noël était d’aller entonner des chants de Noël de porte en porte au village avec un groupe de l’Église Unie de Shawbridge. Plus tard, lorsque nous habitions Rosemère, j’allais chanter dans le quartier de la rue Montrose avec mon ami David. Je n’étais pas vraiment chanteur, mais j’avais l’énergie et l’esprit de Noël. Aujourd’hui, je fais du ski à roulettes ou du ski de fond, et au lieu de chanter, je siffle des airs de Noël.
Je vous souhaite un Noël chaleureux, doux et lumineux! Ma conjointe se joint à moi pour vous souhaiter à tous paix, abondance et bonheur!!!




