
Gilles Chaumel
Animateur radio à CKRL 89,1 Québec, historien et mélomane
J’ai déjà écrit dans ces pages que mes écrivains québécois préférés étaient, en fait, des écrivaines* : Anne Hébert, Dominique Fortier, Audrée Wilhelmy… et Monique Proulx, dont chacun des livres est œuvre de passion dévorante et de rigueur. Mais je trouve, malgré la publication d’œuvres majeures, qu’on en parle trop peu.
J’ai découvert l’autrice originaire de Québec avec Homme invisible à la fenêtre (Boréal 1993), un roman qui sue d’amour et d’art et qui, comme l’ensemble de l’œuvre de l’artiste, célèbre Montréal et ses gens. C’est vrai dans son recueil de nouvelles Les aurores Montréales (Boréal 1996) et encore plus dans ses deux derniers opus, Ce qu’il reste de nous (Boréal 2015) et sa suite, Enlève la nuit (2002), qui mettent en valeur la vie multiple et ses gens aux destins si singuliers, que ce soit le Markus hassidique qui « défroque » de sa communauté, la Laila musulmane ou Charlie Putulik, cet Inuk déraciné, vieux sage itinérant et chapardeur de grande classe. Monique Proulx, c’est la vie qui bat dans toute sa diversité.




