
En exclusivité :
Phil Shaw
J’ai commencé mon mois de février… le 31 janvier. Oui, techniquement, ce n’est pas février, mais quand on met un dossard, le calendrier devient très flexible. Un 7,5 km chez Les Fondeurs de Saint-Jérôme à Saint-Jérôme, trois boucles parfaites pour rappeler aux jambes que l’hiver, ce n’est pas un concept abstrait. Ça s’est très bien passé. J’ai adoré le rythme du parcours… et le fait de finir encore debout.
Le week-end suivant, petite sortie tranquille: le Marathon canadien de ski: 80 km samedi, 55 km dimanche. Une simple promenade de 135 km.
Ce n’est même pas la distance qui m’a marqué — c’est le froid… -30 à -20°C. Deux jours à respirer de l’air qui pique les narines et à vérifier régulièrement si mes orteils participaient encore à l’événement. Malgré tout, quelle aventure! Une complicité extraordinaire entre skieurs, bénévoles et cette splendide forêt laurentienne et outaouaise. Les 130 premiers kilomètres étaient nouveaux pour moi: montagnes, lacs, champs, forêts… Mes yeux et mon âme en ont mangé un coup. Les 5 derniers kilomètres, plus familiers, m’ont accueilli vers Montebello. Magnifique, rassurant… presque sentimental.
À peine le temps de dégeler que les 14 et 15 février arrivaient avec la prestigieuse Gatineau Loppet, à Gatineau. Résultat: 1er dans ma catégorie le samedi, 2e le dimanche. Pas pire pour quelqu’un qui prétend seulement «participer». Le parcours? Des côtes abruptes et techniques à mi-course qui vous demandent poliment si vous êtes certain de vos choix de vie.
J’ai eu le privilège de skier avec deux mentors du Saguenay–Lac-Saint-Jean: Simon Thibault et Pierre Lavoie. Nous nous sommes rejoints en fin de course. J’ai réussi à les distancer avant l’arrivée — moment glorieux que je compte raconter encore longtemps. Neige abondante, tracé impeccable, organisation de classe mondiale.
Le 22 février, j’ai ressenti une immense gratitude en skiant l’un des parcours les plus exigeants au Canada lors du Viking Loppet. Terminer premier dans ma catégorie d’âge sur ce tracé en montagnes russes, entre montées soutenues et descentes grisantes, fut un véritable privilège. J’avais une belle technique, des skis rapides et une énergie constante du départ à l’arrivée — cet état de grâce que tout fondeur espère.
Cinq faits saillants sensationnels du Viking Ski Club (fondé en 1929): ses collines légendaires des Laurentides, un damage impeccable, des bénévoles passionnés, une riche tradition compétitive et un chalet vibrant de camaraderie.
Et comment ne pas évoquer Herman Smith-Johannsen, ou Jackrabbit, qui inspirait ici des générations entières, prouvant que l’enthousiasme n’a pas d’âge.
Les 28 février et 1er mars, j’ai célébré en grand sur mes skis au Domaine Saint-Bernard, à Mont-Tremblant. Même sans course prévue, j’ai enfilé les kilomètres dans une magnifique poudreuse préprintanière. La forêt était paisible, l’air vif, et chaque poussée me remplissait d’énergie. Quoi de mieux pour fêter mes 60 ans… et mes 57 ans de ski de fond? Une vie entière à glisser avec passion, liberté et gratitude.




