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Cinéma premier choix – L’âme idéale

L’âme idéale : Quand Magalie Lépine-Blondeau fait du cinéma français

Étienne Boivin

Résident de Val-David et avide cinéphile

Médecin en soins palliatifs dans un hôpital du Havre, Elsa — incarnée par Magalie Lépine-Blondeau, qui signe ici un premier rôle marquant dans le cinéma français — possède un don hérité de sa mère: la capacité d’accompagner les patients au‑delà de la mort. Un talent singulier qui permet aux mourants de partir apaisés, mais qui complique sérieusement la vie sentimentale de la jeune femme.

Lors d’un dîner chez les parents de son fiancé Sofiane (Soufiane Guerrab), Elsa se retrouve confrontée au fantôme tourmenté de Nadia (Nina Aboutajedyne), la sœur suicidée de ce dernier. L’épisode, aussi inattendu que déstabilisant, précipite la rupture du couple.

Deux ans plus tard, après un accident de mobylette, Elsa fait la rencontre d’Oscar, un compositeur prometteur. Bien qu’elle se soit juré de ne plus s’attacher, elle se laisse emporter par cette nouvelle relation, encouragée par Mireille (Anne Benoît), une patiente en fin de vie devenue confidente. Mais rapidement, Elsa pressent que cette histoire pourrait, une fois encore, la mener à une douloureuse désillusion.

Pour son tout premier long métrage, Alice Vial s’approprie les codes de la comédie romantique tout en y intégrant des éléments empruntés au cinéma fantastique. La réalisatrice évite toutefois les écueils du mélodrame à la Ghost ou de l’angoisse à la Sixième Sens, préférant un ton léger, empreint d’humour et de bienveillance.

La réussite du film repose en grande partie sur l’alchimie entre Magalie Lépine-Blondeau et Jonathan Cohen, dont la sensibilité révélée dans Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan trouve ici un nouvel écho. Leur duo fonctionne avec une telle évidence qu’il fait presque oublier les longueurs et incohérences qui parsèment le récit.

L’âme idéale parvient à émouvoir grâce à la performance nuancée de Magalie Lépine-Blondeau et à la capacité d’Alice Vial à mener son récit vers une conclusion touchante. Un pari audacieux, relevé avec sensibilité, pour un premier long métrage fondé sur une prémisse aussi insolite que séduisante. Au moment d’écrire ces lignes, le film est annoncé pour une sortie imminente sur Amazon Prime et Apple TV.

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En avril, je surveillerai la sortie de The Drama, du Norvégien Kristoffer Borgli, avec Zendaya et Robert Pattinson. De son côté, le cinéma québécois nous propose Ma fille tu seras libre, le troisième long métrage de fiction réalisé par Bachir Bensaddek, après Montréal la blanche (2016) et La femme cachée (2024).

Rendant hommage à la résilience des femmes afghanes faisant courageusement face au sort qui leur est imposé par les hommes et les traditions, le récit, écrit par Marie Vien (La passion d’Augustine, 14 jours, 12 nuits, Le temps d’un été), suit le parcours d’une mère de famille venue de Kaboul qui se voit forcée de mettre à exécution un pacte aux conséquences dramatiques qu’elle avait signé lors de sa fuite vers le Canada.

Bon printemps!