Maison Actualité Les façons de se loger doivent suivre la situation actuelle

Les façons de se loger doivent suivre la situation actuelle

Dominique Forget

Résidente de Val-David

Se loger est difficile, et si nos façons de concevoir l’habitation ne changent pas, la situation risque d’empirer. À Val-David, depuis la pandémie, la population a augmenté de 12,5%, 21% des gens vivent seuls et 26% de la population a 65 ans et plus. Les coûts pour l’achat d’une maison ou même pour une location sont inaccessibles: 30% des citoyen·nes y consacrent une part trop importante de leurs revenus. L’itinérance a augmenté de 70% dans les Laurentides.

Chez nous, 76% des habitations sont des maisons unifamiliales, sur de grands terrains. Ce modèle a bien servi, mais répond moins bien aux réalités actuelles.

Les besoins évoluent, et les façons de se loger aussi.

Il existe différentes options:

Multiplex
Avantages : ajout rapide de logements, utilisation plus dense du territoire, milieux de vie partagés.
Inconvénients : impact plus visible — volume accru, plus de résidents, parfois plus de circulation.
Abordabilité : Un 4 ½ neuf se loue minimalement 1800$, puisque les coûts de construction dépassent 300$/pi². Avec un revenu moyen, pour respecter un budget équilibré, le loyer devrait se situer entre 960$ et 1150$ par mois.
Pour atteindre ces loyers, il y a différentes solutions: coopératives, fiducies foncières communautaires, OBNL d’habitation et autres initiatives permettant de retirer des logements de la spéculation immobilière.
La recette des projets réussis: dons de terrains, programmes de financement et implication citoyenne.

«Pocket neighbourhood»
Plusieurs maisons sur un même terrain, avec des espaces communs.
Avantages : meilleure utilisation du territoire, vie de voisinage, intégration plus douce.
Inconvénients : moins de logements que les multiplex, pas de cour privée, proximité accrue.
Abordabilité : peut être atteinte à moyen ou long terme, si la structure du projet est protégée contre la spéculation immobilière.

Densification douce
La densification douce consiste à ajouter jusqu’à deux logements dans une maison existante ou à construire une petite habitation sur le terrain.
Avantages : approche discrète, bien intégrée, qui augmente l’offre sans transformer le quartier.
Inconvénients : cohabitation plus rapprochée.
Abordabilité : utilisation d’un terrain et d’infrastructures déjà en place, réduisant les coûts de construction.

Cohabitation
Partager une maison, adapter son espace pour vivre à plusieurs.
Avantages : solution simple, peu coûteuse, meilleure utilisation des espaces, brise l’isolement.
Inconvénients : implique de partager son espace.
Abordabilité : solution la plus accessible. Des organismes facilitent déjà le jumelage, et on peut imaginer une version locale — une sorte de «Tinder Val-Davidois».

Se loger est un besoin essentiel. Miser uniquement sur la maison unifamiliale ne permet plus de répondre à l’ensemble des besoins.

Les solutions sont variées — multilogements, cohabitation, densification douce, habitats partagés et protection d’une partie des logements contre la spéculation immobilière — et chacune comporte ses avantages et ses contraintes.

Pour faire face à la crise du logement, une partie de la réponse passe par nous — par notre créativité, notre ouverture et notre capacité à accueillir des façons de faire qui évoluent avec le temps.