
Nathalie Paquette
Conseillère en emploi au CJEL
Très tôt on demande aux jeunes de décider ce qu’ils veulent faire dans la vie, alors qu’ils ont encore peu d’expérience, une connaissance limitée du marché du travail, et, souvent, une méconnaissance d’eux-mêmes. Cette situation crée une pression qui peut mener à l’angoisse, à la paralysie décisionnelle, ou encore à des choix basés davantage sur l’attente des autres que sur leurs véritables aspirations.
Et ce malaise est bien réel! Selon l’étude Comprendre les aspirations professionnelles des jeunes en 2024 menée par Academos auprès de jeunes de 14 à 30 ans, 55 % se disent anxieux face à leur choix de carrière. De plus, 14 % déclarent ne pas avoir la moindre idée de ce qu’ils veulent faire, tandis que 52 % n’ont que «quelques idées». Autrement dit, plus des deux tiers des jeunes naviguent dans l’incertitude ou l’hésitation. À cela s’ajoute une autre réalité souvent passée sous silence: selon l’Institut de la statistique du Québec, près d’un quart (22 à 26 %) des diplômés postsecondaires déclarent qu’ils auraient choisi un autre domaine d’études si c’était à refaire.
Parmi les sources de cette pression, la famille occupe parfois une place importante. Même avec les meilleures intentions, les parents peuvent projeter leurs propres rêves ou inquiétudes sur leurs enfants: choisir un métier «sûr», «payant» ou «reconnu», plutôt qu’un métier qui correspond aux champs d’intérêt, aux valeurs et à la personnalité du jeune. Cette pression des pairs, parfois subtile, ajoute un poids considérable dans le processus décisionnel.
De plus, la société valorise encore l’idée du «bon» choix de carrière, comme s’il existait une seule voie idéale. Or, le CJE Laurentides prône une vision beaucoup plus souple et réaliste: faire un choix aujourd’hui, c’est poser une première pierre, pas dessiner un chemin définitif. Les parcours professionnels ne sont plus linéaires. Ils sont faits d’exploration, de réorientation et d’adaptation. Il est donc tout à fait normal de se tromper, de changer ou de découvrir de nouvelles passions en cours de route.
Car au-delà du choix de carrière, il y a surtout un désir profond: celui de trouver une voie où l’on se sent à sa place, utile, stimulé, et en accord avec soi-même.
Et vous, auriez-vous parfois envie de changer de carrière?




