
François Gohier
Résident de Sainte-Agathe-des-Monts
À quarante-cinq minutes de Québec sur la rive sud du Saint-Laurent, Montmagny n’est toujours pas ce qu’on appelle le Bas-du-Fleuve, région qui débuterait officiellement à Kamouraska, en direction de Rivière-du-Loup. La région de Montmagny offre néanmoins l’exotisme attendu pour les cyclistes désireux de s’affranchir des casse-pattes* des Laurentides.
Les parcours typiques longent le fleuve sur le plat avec très peu de dénivellations. Des balades de vacances, ma foi!
À l’arrière-plan, l’extrémité nord de l’île d’Orléans et le mont Sainte-Anne au fond. Tableau tout à fait magnifique!
Je suis toujours impressionné par la coquetterie de certains propriétaires pour leur environnement immédiat. C’est encore plus fréquent ici dans la région. Une maison fraîchement repeinte, un jardin élaboré avec des variétés de fleurs pas banales et un coin aménagé à l’extérieur pour déguster le café du matin, on imagine. Vraiment bucolique!
Les parcours prévoient une virée dans les terres où les ballots de foin enveloppés de blanc jonchent les champs à perte de vue. La région fournit apparemment beaucoup de nourriture à bétail.

Puis le retour au bercail des cyclistes s’effectue dans l’euphorie de la perspective de l’après-vélo. Cette espèce de joie non dissimulée induite par les hormones endorphines de l’effort. Grande question: on prend sa douche dans la foulée ou un prend une «bière sale»? Prendre une bière sale signifie s’arrêter au bar en vêtements de vélo suintants pour maximiser le moment. Autrement dit, prendre une bière, en étant sales. Cette dernière option est généralement retenue par la plupart des cyclistes du groupe. On est solidaires!
La saga du chargeur Di2
Propos techniques pour les besoins de la cause: le Shimano Di2 est un système de changement de vitesses électrique très répandu sur les vélos de route de qualité (ça n’en fait pas un vélo à assistance électrique). Mon fidèle Marinoni en est pourvu. Ce système règle définitivement l’ancien problème d’ajustement du câble pour l’alignement de la chaîne sur les pignons. En dix ans, je n’ai jamais eu à me préoccuper de ce système de changement de vitesses électrique, ce n’est pas rien.
Mais encore faut-il du courant dans la batterie pour permuter les vitesses… ce que je n’avais presque plus en arrivant sur place à Montmagny. La batterie Di2 est tellement performante qu’on ne la recharge que deux fois au cours de la saison, tout au plus. Alors, on oublie facilement de vérifier la charge avant de partir et je me suis fait prendre!
Un appel à tous dans le groupe pour trouver des gens munis de leur chargeur m’a fait rapidement réaliser que le modèle Di2 sur mon vélo avait pris de l’âge et que les bidules plus récents généreusement offerts par des confrères étaient totalement incompatibles. Panique: je dois absolument trouver un chargeur compatible ou je suis définitivement «groundé» pour le reste du voyage.
Une longue histoire courte, un autre cycliste possédait aussi un vélo d’un certain âge avec une version Di2 compatible, et il avait son chargeur avec lui, ce qui a finalement sauvé la mise! On apprend à tout âge…
* L’expression casse-pattes décrit bien l’effort requis par les mollets pour gravir les nombreuses montées courtes mais pentues propres aux Laurentides.




