
Diane Seguin
Résidente de Val-David, fondatrice des Marchés d’ici
Regardez donc la lumière sur les oliviers, ça brille comme un diamant. C’est rose, c’est bleu… et le ciel qui joue à travers, c’est à vous rendre fou.
– Auguste Renoir
L’huile divine
Quand on parle de cuisine méditerranéenne, nous, les Nordiques, ça nous fait rêver! Vivre au soleil, à l’année, au bord de la mer, qui n’aime pas? Pourtant, même dans l’nord, ça se peut! Enfin, en partie, avec un peu d’imagination et assurément en cultivant son palais gourmand! Et pour l’apprenti.e cuisinier.ère qui utilise quelques potions magiques, une seule est indispensable: l’huile d’olive.
Depuis toutes ces années où les propriétaires-exploitants de L’Or de l’Italie, Linda et Patrice, viennent au Marché d’été de Val-David, j’ai appris à mieux connaître et à mieux apprécier leur merveilleuse huile d’olive. C’est certainement grâce à leurs conseils que j’ai appris à distinguer la bonne de la moins bonne, celle qui n’est pas mélangée, qui a été mise en bouteille correctement, dans des bouteilles opaques à la propriété.
«Pour choisir une bonne huile d’olive, nous dit Patrice, ça vaut la peine de lire attentivement l’étiquette sur la bouteille. On doit y voir une adresse reconnaissable, soit par la notoriété du producteur, soit par une mini recherche sur internet. Si on ne trouve rien, on passe tout droit…»
Moi, j’aime l’huile d’olive d’amour. Matin, midi et soir. Vous allez me dire: tu exagères! Ah oui? Attendez d’avoir goûté au réveil «une toast» de bon pain grillé, peinturlurée d’huile d’olive, garnie de tranches de tomates éclatantes d’été parfumées au poivre blanc et au sel Saint-Laurent. Vous allez fondre! Le midi, une huile douce pour monter une vinaigrette sur une petite verte vous donnera des frissons derrière les oreilles, et le soir, quand toutes les folies sont permises, genre: des cubes de bœuf en brochettes, des côtes de porc sur le barbecue, du poulet en crapaudine, des cuisses de canard grillées et tout cela bien, bien enduit d’huile d’olive et d’épices choisies, mariné quelques heures, puis servi accompagné d’une caponata (ratatouille à la sicilienne) ou d’une merveilleuse ratatouille de légumes droit sortis du marché: c’est du bonheur à chaque bouchée!
Les pâtes? Sans l’huile d’olive, elles sont orphelines. Avec l’ail, elles gagnent en somptuosité. Avec un poisson, doucement revenu dans l’huile d’olive et accompagné de légumes grillés, suivi mine de rien d’un petit fromage de chèvre frais mariné aux fines herbes (ou bien en apéro, par exemple, accompagné d’un filet d’huile d’olive sur des croûtons), de quelques gouttes de balsamique, d’une feuille de basilic pour la couleur…
Ou à défaut, on peut s’offrir ces fabuleux petits cakes à l’huile d’olive…
Bref, pour transformer tous nos plats ordinaires en stupéfactions gastronomiques, il faut de la bonne huile d’olive. En réalité, la meilleure! La plus pure, la plus sûre!
L’Or de l’Italie est une huile fine produite par nos Québécois Linda et Patrice, à même leurs récoltes chaque automne dans le sud-est de la péninsule italienne. Avec l’expérience directe, ces deux-là sont devenus de véritables sommeliers èshuiles d’olive. Ils peuvent détecter un parfum de poire, d’artichaut, de banane, d’herbe fraîchement coupée, et de beaucoup d’autres choses, à vue de nez. D’ailleurs, comme pour le vin, on peut éduquer son nez et ses papilles à faire preuve de distinction, disent-ils.
La bonne huile d’olive se respire, se goûte au creux de la main, se caresse du bout des doigts, s’avale les yeux fermés, pour laisser ses arômes projeter sur votre écran intérieur des images d’oliviers croissant en paix dans un paysage de rêve. Son parfum, souvent, nous amène en voyage…
Dans l’île grecque et volcanique de Santorin, célèbre pour ses villages blancs aux dômes bleus accrochés aux falaises, les archéologues gourmands ont trouvé des traces d’olivier remontant à… 37 000 av. J.-C., grâce à des feuilles fossilisées. Je crois sincèrement que lorsque la science nous dit que pour vivre vieux et en santé, il faut suivre le régime méditerranéen, elle fait en grande partie allusion, en tout premier lieu, à cette huile divine!




