
Bruno Marquis
Résident de Gatineau
C’est une expression qu’utilisait souvent ma mère, et elle s’applique particulièrement bien aux questions environnementales en général et au réchauffement climatique en particulier. Commencer par le commencement, c’est aborder ces questions environnementales de façon ordonnée, à partir de ses bases, en lui accordant toute l’importance qui lui revient.
Nous devons avant tout nous poser honnêtement de nombreuses questions pour bien comprendre l’étendue des problèmes environnementaux, pour en déterminer les causes, puis envisager et élaborer des solutions et éviter les écueils qui se présenteront à nous.
Les problèmes
Le principal problème environnemental est sûrement, à brève échéance, le réchauffement climatique, soit l’augmentation rapide de la température moyenne de la surface de la Terre causée par certaines activités humaines depuis le début de l’ère industrielle il y a quelque deux cent cinquante ans. Nous devons, pour y faire face, réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, ce qui nécessite dans un premier temps l’élimination de notre consommation mondiale de charbon, de pétrole et de gaz, le reboisement, la réduction de notre consommation de biens et d’énergie, etc.
Nous devons aussi prendre conscience de nombreux autres graves problèmes environnementaux:
- Le niveau des nappes phréatiques qui baisse de plus en plus rapidement dans le monde;
- La quantité de substances chimiques libérées dans l’environnement et susceptibles de contaminer l’air, l’eau et les sols;
- La déforestation qui se poursuit à l’échelle de la planète;
- La quantité phénoménale de déchets solides générés chaque année;
- Le plastique à base de pétrole et ses fausses mesures de recyclage;
- La destruction des habitats naturels qui menace sérieusement la biodiversité;
- L’extinction massive des espèces animales et végétales sur la planète;
- La surutilisation des nitrates et des phosphates en agriculture;
- La pollution par l’augmentation des objets et débris en orbite autour de la Terre.
Tous ces problèmes environnementaux ont une incidence les uns sur les autres et doivent, dans une bonne mesure, être considérés dans leur ensemble.
Les solutions
Tous les problèmes auxquels nous devons faire face en matière d’environnement ont en fait un dénominateur commun, et ce dénominateur, c’est la croissance sans fin de l’économie, de la production et de la consommation, croissance érigée en nécessité et en vertu par les décideurs politiques et économiques. Il suffit de regarder les données sur la croissance des économies, sur l’augmentation de la production de biens, sur l’utilisation croissante des ressources, sur l’augmentation des besoins énergétiques et de la population mondiale au cours des derniers siècles ou même des dernières décennies pour s’en rendre compte. C’est là le nœud du problème, de tous nos problèmes liés à la destruction de notre environnement.
Et c’est ainsi, en ayant comme objectif fondamental la décroissance des économies et de tous ces facteurs, que nous parviendrons à nous attaquer sérieusement à ces problèmes environnementaux.
Nous devons en fait impérativement réapprendre à vivre ensemble, de manière frugale, à partager, à réduire nos déplacements et nos voyages, à favoriser le transport en commun et son développement, à réduire de façon significative notre consommation de biens et d’énergie. Nous devons, pour arriver collectivement à cette fin, bien nous informer, convaincre, unir nos forces et persévérer dans ces voies. Nous devons convaincre nos proches, la population, afin de contraindre les minorités qui ont accaparé le pouvoir d’agir en conséquence.
De nombreux groupes liés à l’environnement et à d’autres causes progressistes existent déjà; une vaste littérature aussi. Nous ne sommes pas seuls et nous devons absolument continuer d’unir nos forces dans ces luttes de tous les instants pour protéger notre environnement.
Les écueils
Les écueils sont nombreux quand vient le temps d’agir en faveur de causes progressistes comme l’environnement. Il est important de savoir les reconnaître et de les éviter afin que nos efforts et nos espoirs ne soient pas brisés.
- L’écoanxiété – que l’on réussit surtout à vaincre par l’action et particulièrement par l’action collective, par la lutte en commun.
- L’instrumentalisation – que l’on évite en sachant que certains groupes d’intérêts sont réfractaires aux mesures qu’il convient de mettre en place et qu’ils tenteront de neutraliser nos efforts en nous associant à eux avec leurs fondations, par association, etc.
- Les porte-parole connus – qui risquent de détourner certains de nos objectifs à leurs fins et de détruire l’esprit de corps de nos mouvements progressistes.
- Les fausses solutions – qui nous proviennent des grandes entreprises et multinationales des énergies fossiles et extractivistes pour continuer l’exploitation sans fin du pétrole et d’autres matières polluantes, la pire d’entre elles étant certainement la capture et le stockage du carbone.
- Les demi-mesures – la seule mesure sérieusement envisageable en matière environnementale, nous le savons, étant le passage le plus rapidement possible de la croissance à la décroissance.

Quelques suggestions de lecture sur le sujet ou plus généralement sur le militantisme:
Les visages de l’écoanxiété, de Inês Lopes; Danger d’extinction, de Noam Chomsky; Se tenir debout, de Françoise David; Écoanxiété, de Noémie Larouche; Petit manuel de résistance contemporaine, de Cyril Dion; Une autre fin du monde est possible, de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle; L’humanité en péril, de Fred Vergas.




