Maison Actualité La bataille de Gaulle : quand l’Histoire devient cinéma

La bataille de Gaulle : quand l’Histoire devient cinéma

Cinéma premier choix

Étienne Boivin

Résident de Val-David et avide cinéphile

Certains personnages historiques semblent presque impossibles à faire entrer dans un film. Leur parcours est trop vaste, les événements, trop nombreux, et leur image, déjà solidement installée dans notre mémoire collective. Avec La bataille de Gaulle, Antonin Baudry choisit donc de voir grand: non pas un film, mais deux. Au Québec, Résistance et Liberté forment un diptyque consacré aux années durant lesquelles Charles de Gaulle passe du statut de général encore peu connu à celui de figure centrale de la France libre.

Le premier volet, Résistance (intitulé L’Âge de fer en France), nous ramène en 1940. La France s’effondre et Charles de Gaulle part pour Londres. Le film suit ses efforts pour poursuivre la lutte et structurer la France libre, alors que différents foyers de résistance se développent également en France occupée. Ce premier chapitre couvre la période 1940-1942.

Le deuxième film, Liberté (intitulé J’écris ton nom en France), poursuit cette fresque en accordant notamment une place plus importante au général Philippe Leclerc de Hauteclocque. Le récit nous entraîne dans la suite du conflit et vers la libération de Paris en 1944.

Mais l’intérêt du projet dépasse la simple reconstitution historique. Le diptyque explore autant les opérations militaires que les dimensions politiques et diplomatiques de la France libre. Surtout, le format en deux films donne à Antonin Baudry l’espace nécessaire pour mettre en scène une impressionnante galerie de personnages historiques.

Niels Schneider

Le choix de Simon Abkarian pour incarner Charles de Gaulle participe fortement à l’identité du projet. À ses côtés, Simon Russell Beale interprète Winston Churchill, tandis que le Franco-Québécois Niels Schneider incarne Philippe Leclerc de Hauteclocque, l’une des grandes figures militaires de la France libre et un personnage important de Liberté.

Le projet s’appuie par ailleurs sur De Gaulle: une certaine idée de la France, la biographie de l’historien britannique Julian Jackson. Cette filiation rappelle néanmoins une distinction essentielle: nous sommes devant une œuvre cinématographique inspirée de l’Histoire, et non devant un documentaire.

C’est finalement ce qui rend La bataille de Gaulle particulièrement intéressant. Le diptyque utilise les moyens du cinéma pour raconter une période où destins individuels, décisions politiques et opérations militaires s’entrecroisent, tout en donnant un visage à certains de ceux qui ont refusé la défaite.

La bataille de Gaulle: Résistance est maintenant offert en vidéo sur demande sur Apple TV et Amazon Prime Video. Au moment d’écrire ces lignes, La bataille de Gaulle: Liberté était encore disponible en salle, alors que la sortie en numérique était imminente.

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En novembre, je surveillerai la sortie de I Play Rocky, un film sur le combat de Sylvester Stallone pour réaliser et jouer le rôle de Rocky basé sur son propre scénario, en 1975-76. Comment un parfait inconnu à l’époque a réussi à faire son film et le mener à un succès monstre. Et puisque le thème de cet article semble être la biographie cinématographique, mentionnons que le cinéma québécois nous proposera en novembre Villeneuve: L’ascension d’une légende, film qui raconte la vie du pilote Gilles Villeneuve. Bon cinéma!