Maison Actualité ZONE DE TRANSITION – De l’exil au refuge

ZONE DE TRANSITION – De l’exil au refuge

Centre d’exposition de Val-David :

 Je vois toujours des horizons où tu dessines des frontières.

— Frida Khalo

Avant de devenir un immigré, on est un émigré.

— Amin Maalouf

Pour une troisième fois, le Centre a le privilège d’être invité à travailler avec la Collection Loto-Québec et de mettre de l’avant tout à la fois leur prestigieuse collection patrimoniale et l’apport considérable des artistes de Val-David et de la région qui ont contribué à sa notoriété comme avec Tracés en 2011. Puis, nous avons accueilli l’exposition des Missions photographiques initiées par Loto-Québec consacrée en 2020 à la région des Laurentides avec pour lauréate Chloé Beaulac, qui fut présentée par la suite aux Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie. Gratitude à Manon Pouliot, responsable de la collection.

Soulignons également le partenariat exemplaire de SAGAMIE, qui a rendu possibles des essais plastiques incroyables, des impressions murales en dégradés pour Véronique La Perrière, le portrait flottant sur organza de Maman sourire, la mère de Farzaneh Rezaei, et la reproduction impressionnante d’archives du Musée national des Beaux-arts et la production d’un livre d’artiste consignant les conversations entre Alexis Vanasse et Judith Berry. L’exposition se poursuivra à Alma, au Centre SAGAMIE, l’hiver prochain.

Et maintenant, revenons à ZONE DE TRANSITION. Pourquoi donc? mais le monde ne change-t-il pas? du sensible au vivant, comme en témoignent nos sociétés autant d’un point de vue géopolitique, socioéconomique, écologique que numérique. La transition remet en question les flux et reflux des migrations et mutations en tous genres, d’exil en refuge. Mais encore, pour chaque frontière esquissée, n’y a-t-il pas des ponts à bâtir? des horizons à ouvrir? au bord desquels se jouent la vie et la mort, la guerre et la paix, par-delà les artifices du moment.

Et puis se pose la question de la transmission, d’une génération à l’autre. D’où la fluidité entre les œuvres de la collection et celles du quatuor d’artistes créées pour cette exposition. Le maillage des œuvres les unes aux autres montre combien les matières, les couleurs, les sujets résonnent entre eux à travers le temps. De l’équilibre parfait propre au monumental bas relief Équinoxe de René Derouin qui signale aussi bien la transition temporelle qu’astronomique à Minuit juste de Roland Giguère, des Veines du jour et de la nuit de Jeannine Leroux Guillaume au Combat quotidien de Tim Yum Lau ou la descente abyssale de La chambre des passages d’Holly King, tout cela s’accorde aux Nowhere et Maelström de Kittie Bruneau jusqu’au Paysage d’intérieur de Louis Muhsltock et aux Émoisde François Morelli. Aussi, Esprit, de Bonnie Baxter, voyage entre la chair du monde et le sacré tandis que se cristallisent les passages éthérés en verre With, Witin Without de Suzan Edgerley. À l’étage, Fleuve Mémoire de René Derouin côtoie Vers l’ailleurs de Roland Giguère pendant que les Rites transitoires des Iles de la Madeleine de Nathalie Levasseur voisine La marée montante de Ghitta Caiserman-Roth. Les clowns sans frontières de Frédéric Back, oscarisé pour L’Homme qui plantait des arbres, avoisine Mutations du pionnier du cinéma d’animation Norman McLaren, alors que vibre avec éclat Mutation chromatique de Molinari. Tout au cours de la visite, le parcours est balisé par les mouvements utopistes des paysages intimes de Judith Berry.

Ainsi que de visages réjouis, sourire aux lèvres lors du vernissage. Ces trésors de la collection ont pu être partagés avec le public de même que s’est engagé un dialogue intergénérationnel animé. L’expo demeure à découvrir, à voir et à revoir avec ses amis, ses voisins, sa parenté! Une occasion d’échanger les uns avec les autres entourés des œuvres fascinantes du quatuor d’artistes invités. Quelle virtuosité des savoir-faire, quelle justesse. Leurs œuvres vivifiantes et porteuses de sens font écho aux pièces mémorables de la collection Loto-Québec. Ensemble, elles s’allient. Migration, mutation, passage dans le temps et l’espace s’entrelacent et rebondissent d’une salle à l’autre. Question de rayonnement et de transmission en mouvement vers l’avenir.

Au plaisir de vous accueillir au Centre,

Manon Regimbald

JUSQU’AU 5 janvier 2027

ZONE DE TRANSITION

En collaboration avec Loto-Québec et Centre SAGAMIE

Dimanches 29 novembre et 27 décembre de 13h30 à 16h30 ‑ Ruche d’art animée par Isabelle Gagnon | Samedi 7 novembre à 14h: rencontre avec le quatuor d’artistes | Dimanche 22 novembre à 13h – Lancement de la revue Femmes de parole no 17 Parfaitement saines d’esprit.