
Gilles Chaumel
Animateur radio à CKRL 89,1 Québec, historien et mélomane
Je pense qu’aujourd’hui, si tu es fan invétéré de Bach, je vais te tutoyer; parce que, vois-tu, on ne peut être que de vieilles connaissances. Je me dis que tu ne peux que connaître les fameuses Variations Goldberg du Cantor et que peut-être, comme moi, tu en as plusieurs versions, quelques-unes au clavecin, d’autres au piano, et même une avec orchestre de chambre. Surtout, comme moi, c’est celles de Glenn Gould qui te les a mises dans les oreilles, avec tous ses détestables marmonnements qui, parfois, dérangent l’écoute. Mais bon…
Les Variations, air avec différentes variations, c’est cette œuvre supposément écrite pour accompagner les insomnies du comte Herman von Keyserlingk. En fait, c’est d’abord un exercice pour le doigté (originellement sur clavecin à 2 claviers), et cet exercice est devenu au 20e siècle l’œuvre de Jean-Sébastien la plus jouée. Pour moi, au clavecin, Gustav Leonhardt (Teldec) et Céline Frisch se distinguent. Au piano, c’est la version quasi mystique d’Evgeni Koroliov qui, jusqu’à aujourd’hui, me comblait plus que toute autre.
Et voilà qu’arrive le jeune Coréen Junchan Lim, qui remporte en 2022 le très relevé concours Van-Cliburn. Faut que tu écoutes ça! L’album, en concert, vient d’être édité sur Decca, et c’est une pure joie que d’entendre cette vie frémissante de rythmes fous, de syncopes étudiées, d’ornementations judicieuses, d’un incroyable doigté et surtout d’un indicible sens poétique. Bonne écoute. Et surtout, on s’en reparle!
– Yunchan Lim. Bach, Variations Goldberg, Live at Carnegie Hall. Decca, 2026.
Et c’est bien dommage que je manque d’espace, parce que je t’aurais aussi parlé de l’album de cette saxophoniste de jazz, Melissa, qui propose un album de ballades on ne peut plus enivrant… mais ce sera pour le mois prochain. «Stay tuned!» comme disent les anglos.




