
Et si nous étions élevés dans et avec la gratitude?
— Robin Wall Kimmerer
L’amour, une fois qu’il a germé, donne des racines qui ne finissent plus de croître.
— Antoine de St-Exupéry
Au cœur de la mission du Centre, le programme éducatif cultive l’amour de l’art et de la vie porté par la vitalité des démarches artistiques qui y sont exposées. L’extraordinaire vivacité des pratiques de Nathalie Levasseur et d’Ari Bayuaji manifeste une posture intellectuelle et émotionnelle encline à développer une curiosité bienveillante envers le passé et notre présent tout comme envers son prochain.
Ainsi portés par le rythme des outardes au printemps, les enseignants de Val-David et leurs élèves sont conviés à explorer les expositions en cours et à prendre part à l’atelier animé par Annie-Claude Picard et conçu gracieusement pour eux: Tramer l’horizon des racines à la vague. Sous le signe du lien, les démarches respectives de Levasseur et Bayuaji évoquent tout autant la filiation et la transmission que la gratitude et la solidarité.

Renouant avec les racines d’une tradition millénaire, l’atelier cherche à amorcer l’apprentissage de techniques de tissage et de tressage, inspirée par les œuvres des artistes. Entre la main et l’esprit, l’approche rituelle du geste développe la contemplation et la concentration. Mais aussi, elle sollicite notre attention au moment présent.
Branches naturelles et cordes de plastiques recyclées entrelacées à d’autres fibres colorées formeront un assemblage en regard des sculptures tressées de Nathalie Levasseur. De la terre à la mer, des cordelettes récupérées des champs d’agriculture en Estrie feront écho à celles des pêcheurs trouvées dans la mangrove des côtes balinaises réemployées par Ari Bayuaji comme matériau de tissage dans ces tapisseries fabuleuses réalisées avec l’aide d’habitants de l’île dans une volonté d’entraide et de solidarité.
D’abord, chaque enfant créera à partir d’un rameau un tissage coloré qui miroite et ondule au vent pour ensuite collaborer à une œuvre collective. Pourquoi faire les deux? La part individuelle permet l’apprentissage et la maîtrise de la technique tout en développant la patience. À la fois intime et tangible, cette sculpture que l’enfant ramènera chez lui ancre le sentiment d’accomplissement et de création personnelle. L’œuvre collective se prolongera d’une classe à l’autre, encourageant la coopération et l’observation du travail d’autrui. Cela conforte aussi le sentiment d’appartenance à un groupe.
Cultiver les relations chaleureuses agit comme un facteur de protection majeur pour la santé physique et mentale[i]. Se lier ne demeure-t-il pas «la source des plus grandes joies et des plus grands souvenirs de l’existence[ii]». En ce moment historique inouï que nous traversons, favoriser la création, la communication, l’apprentissage, valoriser la solidarité, tisser des liens, entretenir l’empathie, n’est-ce pas semer les graines du mieux-être et du mieux-vivre?
Au plaisir de vous accueillir au Centre,
Manon Regimbald
directrice générale
Jusqu’au 24 mai
LA VOIE DES RACINES de Nathalie LEVASSEUR
TISSER L’OCÉAN d’Ari Bayuaji
| Samedi 25 avril à 14 h ‑ Rencontre avec les artistes Nathalie Levasseur et Ari Bayuaji |
Dimanche 26 avril à partir de 13 h 30 ‑ Ruche d’art avec Isabelle Gagnon-Zeberg
Les dimanches 19 avril, 3 et 17 mai à partir de 14 h, retrouvez Nathalie Levasseur à l’œuvre
ENTRÉE LIBRE
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[i] Norbert J. Waldinger et Marc Schulz, The Good Life: Lessons from de World’s longest Scientific Study of Happiness (Harvard University), New York, 2025. Dans cet esprit, soulignons le récent ouvrage dirigé par Normand Baillargeon, 10 leçons de vie de philosophes, Montréal, Somme toute, 2026
[ii] Christophe André et Rébecca Shankland, Ces liens qui nous font vivre, Paris, Odile Jacob, 2022




