
L’amour, la haine, la paix :
voilà les trois émotions qui forment la trame de la vie humaine.
– Virginia Woolf
Toute notre connaissance découle de notre sensibilité.
– Léonard de Vinci
Dans Les Misérables, Victor Hugo prescrivait deux devoirs: «veiller et espérer». Mais avant? «Aimer. Et, cela posé, qu’y a-t-il à faire?» demande-t-il avant de poursuivre: «Beaucoup. Veiller et espérer, c’est le double devoir que la nature impose à l’homme. L’un engendre l’autre». À l’horizon de cette nécessité absolue qui appelle à aimer, veiller et espérer, les œuvres de Normand Ménard et de Maria Ezcurra se dressent comme des vigies.
Que de visages réjouis, attentionnés, contemplatifs au cœur de leurs expositions respectives lors du vernissage. Des regards en appétit devant des œuvres qui nous ouvrent l’œil en ne se laissant pas gagner ou enfermer par l’atmosphère radicale de notre époque quand monte l’autoritarisme. Tableaux, sculptures, bas-reliefs, installations nous tiennent en éveil, nous offrant un temps où penser, sentir et ressentir. Ils agrandissent notre monde. S’ils vont vers l’universel, ils prennent soin tout autant de marquer leur place dans leur territoire, des Laurentides au Mexique, reliant le souffle des ateliers mémoriaux de Ménard au vol des monarques ailés d’Ezcurra comme un élan vital face à un monde hostile qui se mure, qui nous emmure.
Le sens des mots nous rappelle que veiller signifie être en éveil, être vigilant, monter la garde tout autant qu’être de garde. Il veut aussi dire prendre soin de quelque chose ou de quelqu’un, s’en occuper attentivement. Sur le pont poétique, veiller peut mener à s’émerveiller, exigeant cette qualité d’attention d’un regard grand ouvert et disponible que désigne l’état de veille.
Chacun à sa façon, Ménard et Ezcurra rêvent le monde du poétique au sociopolitique. Les artistes se tiennent là: sensibles à la précarité de notre humanité dans le tumulte des millénaires. Essayant de résister à l’ivresse du pire, ils tentent d’installer des éclaircies de lumière, des embellies pendant que se télescopent sombre Babel, entropie, disparition des espèces, crise migratoire autant que dérèglement climatique. Car les œuvres portent ce maelström où s’affrontent la fureur des civilisations et l’obstination de la terre, entre choc et résilience, en quête d’abri, ultimes demeures, contrepoids fragiles au fracas du temps.
Manon Regimbald,
au plaisir de vous accueillir
Les expositions se poursuivent jusqu’au 6 septembre
Samedi 25 juillet à 14 h: rencontre avec les artistes
Les dimanches 12, 19 juillet et 9 août, à partir de 14 h: le public est invité à participer à la murale L’arbre de vie, une œuvre collective avec Normand Ménard
Dimanches 26 juillet et 30 août: les Ruches d’art du Centre avec Isabelle Gagnon-Zeberg
ENTRÉE LIBRE
TOUS LES JOURS DE LA SEMAINE DE 11 H À 17 H




