
Notre ami et collègue André Berthelet nous a quittés pour le royaume du Grand Esprit. Lui qui n’en manquait pas, quand il était devant une assemblée qu’il tenait en haleine avec sa belle voix grave, s’est investi dans le développement de Val-David de nombreuses manières, après avoir pris sa retraite d’une carrière remarquable dans l’enseignement et la politique municipale à Montréal.
André avait cette manière bien à lui d’être à la fois un leader et un partenaire d’égal à égal dans toutes les entreprises qui avaient le mérite d’améliorer l’environnement de ses concitoyens. Pendant quelques années, avant que la maladie ne l’en empêche, il a collaboré au journal Ski-se-Dit, essentiellement comme chroniqueur municipal, ses textes méthodiques et clairs étant très appréciés de nos lecteurs. Avec sa conjointe Micheline Loiselle, qui l’a accompagné jusqu’à la fin, André avait mis tout son cœur dans ses actions et toute son amitié dans la manière de partager avec chacun son amour de notre village. Sa parole était comme lui: droite, noble et sans détour.
Nous publions ici un texte signé par le RCM (Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal), parti politique actif de 1974 à 2001 sur la scène montréalaise, et comme c’est la coutume dans ce parti politique où André a été un joueur de première ligne, au nom du collectif, il est signé par Martine Blanc. Pour qui aimerait relire André Berthelet sur Val-David, voir les archives du journal avant juillet 2009 (www.ski-se-dit.info, sous l’onglet «Archives»).
Michel-Pierre Sarrazin
Éditeur
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HOMMAGE À ANDRÉ BERTHELET
André Berthelet, un pionnier du mouvement de démocratisation porté par le RCM depuis 1974, est décédé le 14 juillet dernier, à la suite d’une longue maladie. Il avait 86 ans.
Enseignant très connu du quartier Villeray, André a remporté, en 1974, sa première élection sous la bannière du RCM, un tout jeune parti municipal fondé six mois plus tôt. Il a fait partie des 18 personnes élues qui ont constitué la première équipe d’opposition à Jean Drapeau, qui avait balayé les trois élections précédentes, en 1962, 1966 et 1970.
Battu de peu en 1978, il est revenu à la charge quatre ans plus tard, remportant trois mandats consécutifs (1982, 1986, 1990), les deux derniers par une marge de plus de 70%.
Institution dans son quartier, il l’est aussi devenu au conseil municipal. Le conseil était présidé depuis des temps immémoriaux par le maire de Montréal. Cela signifie donc qu’en plus de contrôler totalement la fonction exécutive, le maire avait aussi la main haute sur les délibérations du conseil.
Le programme de démocratisation du RCM prévoyait notamment de désigner une présidence du conseil municipal distincte de la mairie. C’est à André Berthelet que revint l’honneur, en novembre 1986, d’être le premier à présider le conseil municipal, et par conséquent à accueillir les citoyennes et citoyens qui souhaitaient se prévaloir du nouveau droit, également institué par le RCM, de poser une question au maire ou à d’autres personnes élues du comité exécutif.
Il a occupé cette importante fonction avec un savant mélange de bonhomie, d’humour et de noblesse jusqu’à son retrait de la politique, en 1994. Par la suite, le conseil municipal a toujours été présidé par une personne élue ne faisant pas partie du comité exécutif de la Ville.
Dans l’esprit des traditions parlementaires, André n’a jamais pris part aux réunions du caucus de la majorité pendant les huit années où il présida le conseil. Cela ne l’a pas empêché de former un trio redoutable dans Villeray, avec ses deux collègues, Martine Blanc et Joseph Biello, surnommés «les trois B de Villeray».
André a favorisé l’ouverture de l’hôtel de ville à la population et a accueilli, au nom de la Ville, de nombreuses personnalités d’ici et d’ailleurs.
Par la suite, il a réparti son temps entre les Laurentides et le Mexique (1995-2011), où il a exercé pendant deux ans les fonctions de consul honoraire du Canada à San Miguel de Allende avec juridiction consulaire dans les États de Guanajuato et de Querétaro.
Devenu résident de Val-David, il a été très actif dans la communauté, notamment lors de la campagne référendaire de 2003 en faveur de la création du parc régional Val-David–Val-Morin. André a présidé le Comité du OUI de Val-David, en étroite collaboration avec celui de Val-Morin. Soutenus par une formidable équipe de bénévoles, coordonnée par Micheline Loiselle à Val-David, ils ont mené une vaste campagne afin de convaincre la population des deux municipalités de voter en faveur de la sauvegarde du Parc. Leur mobilisation a fait la différence, le OUI l’emporta.
André était demeuré très proche de Jean Doré jusqu’au décès de celui-ci en 2015.
À son épouse, Micheline Loiselle, à Annie et Karine, les filles de celle-ci, auxquelles il était profondément attaché, à Anaïs, la fille de Karine, son adoration, ainsi qu’à tous les membres de leurs familles et à leurs nombreux amis, nous offrons nos plus sincères condoléances.




