
Suzanne Lapointe
Présidente du CA du journal Ski-se-Dit et membre du CA de l’AMECQ, résidente de Val-David
Il y a des sujets qui divisent. D’autres qui devraient pourtant nous rassembler. Le respect de la personne en fait partie.
Depuis quelques années, les questions liées à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre et, plus largement, à tout ce qui ne correspond pas aux normes dites «traditionnelles» occupent une place importante dans l’espace public. Les opinions sont nombreuses, parfois très tranchées. Mais au-delà des débats, il y a une réalité que l’on oublie trop souvent: des êtres humains vivent avec les conséquences de nos paroles.
Une plaisanterie lancée à la légère. Un commentaire moqueur. Un regard de mépris. Une insulte. Pour celui ou celle qui les reçoit, ces gestes ne sont jamais anodins. Ils s’accumulent et finissent par laisser des cicatrices invisibles.
L’adolescence est une période particulièrement fragile. C’est l’âge où l’on cherche à comprendre qui l’on est, où l’on aspire à être accepté par ses pairs. Lorsqu’un jeune découvre que son orientation sexuelle ou son identité ne correspond pas à ce que certains considèrent comme «la norme», il porte souvent un poids immense. La peur d’être rejeté par sa famille, ses amis ou son entourage peut devenir une source d’angoisse quotidienne.
Malheureusement, certains jeunes en viennent à croire qu’ils ne seront jamais acceptés tels qu’ils sont. Les conséquences sur leur estime de soi, leur santé mentale et leur réussite scolaire peuvent être profondes. Derrière chaque statistique se cache une histoire, un visage, une famille.
Respecter une personne ne signifie pas nécessairement partager toutes ses convictions ou comprendre chacune de ses réalités. Le respect consiste d’abord à reconnaître sa dignité. Personne ne devrait être humilié, insulté ou exclu parce qu’il est différent.
Notre société est composée d’individus aux parcours, aux croyances et aux expériences variés. Cette diversité ne devrait pas être une menace mais une richesse. Nous pouvons avoir des opinions différentes tout en choisissant la bienveillance plutôt que le jugement.
Avant de faire un commentaire ou une plaisanterie, demandons-nous simplement: si ces mots étaient adressés à mon enfant, à mon petit-enfant, à mon frère, à ma sœur ou à un ami, les trouverais-je encore amusants?
«Vivre et laisser vivre» n’est pas un slogan vide de sens. C’est une invitation à faire preuve d’empathie. Nous ne savons jamais les combats que mène la personne devant nous. Quelques mots de respect peuvent parfois changer une vie, tout comme quelques mots de mépris peuvent la briser.
Au fond, chacun aspire à la même chose: être accueilli, aimé et respecté pour ce qu’il est. Ce n’est pas trop demander. C’est simplement reconnaître notre humanité commune.




