Maison Actualité Île-du-Prince-Édouard : la francophonie au royaume de la pomme de terre

Île-du-Prince-Édouard : la francophonie au royaume de la pomme de terre

Depuis 1997, le pont de la Confédération relie l’Île-du-Prince-Édouard au Nouveau-Brunswick. Plus long pont au monde parmi ceux construits au-dessus d’une voie maritime prise par les glaces, sa longueur est de 12,9 km. (Crédit photo : Wikipédia)

La série Mieux se connaître!, présentée par la FCFA, montre comment le français se vit à travers le pays. Lisez cette série que nous présenterons dans nos pages et sur notre site web, et visionnez également leur série vidéo Ma couleur francophone, qui brosse le portrait de 13 francophones vivant en français aux quatre coins du Canada : www.ski-se-dit.info.

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Située dans le golfe du Saint-Laurent, l’Île-du-Prince-Édouard est la plus petite province canadienne en matière de superficie. C’est dans sa capitale Charlottetown que l’idée d’unir les colonies britanniques d’Amérique du Nord voit le jour, en 1864. Ses plages de sable blanc, ses terrains de golf et ses décors bucoliques attirent les visiteurs de partout à travers le monde.

L’Île-du-Prince-Édouard compte une population francophone qui s’élève à plus de 5 000 personnes. Majoritairement acadiens, ils sont présents dans les trois comtés de l’île. Ils sont plus nombreux dans ceux de Prince, où sont situées la ville de Summerside et la région d’Évangéline, et de Queen’s, qui englobe Charlottetown. Haut lieu touristique, est surtout connue pour son industrie de la pomme de terre. Elle a, de plus, une réputation pour ses huîtres sauvages et d’élevages.

 

Des francophones dégourdis

Malgré la petitesse de leur province, les Acadiens prince-édouardiens organisent, bon an mal an, plusieurs célébrations culturelles. La plus connue est le Jamboree atlantique des violoneux, qui se tient à Mont-Carmel. Ce festival présente des performances d’artistes francophones de partout à travers l’Île-du-Prince-Édouard.

Depuis 1903, la région Évangéline est l’hôte d’une exposition agricole à laquelle un festival acadien s’est greffé en 1971. Ces évènements comportent des concerts de musique acadienne, des expositions d’artisans locaux, des concours d’animaux et des dégustations de homard, entre autres. Le Festival acadien est aussi connu pour élire, chaque année, deux personnes qui vont agir à titre d’hôtes de l’évènement. Ils sont connus sous les prénoms d’Évangéline et de Gabriel, en hommage aux deux personnages de célèbre roman Évangéline, du poète américain Henry Wadsworth Longfellow.

 

D’autres évènements culturels francophones et acadiens se tiennent à travers la province, dont le Festival de la chanson du Grand Ruisseau, Les Rendez-vous Rustico, le Festival de la citrouille de Summerside, les Rendez-vous de la Francophonie prince-édouardienne et le Festival Bluegrass d’Évangéline.

La scène artistique acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard regorge de talents et ceci est particulièrement vrai en musique. L’auteur-compositeur-interprète Lennie Gallant a produit douze albums, en français et en anglais, et a donné des concerts au Canada et dans le monde entier. Il a remporté plusieurs distinctions aux prix Éloizes et aux East Coast Music Awards. Le groupe folk Vishten interprète des chansons traditionnelles francophones en y ajoutant des airs acadiens et celtiques. Les trois membres du groupe donnent des concerts au Canada, aux États-Unis et à travers le monde.

De son côté, Angèle Arsenault demeure, malgré son décès en 2014, une figure marquante de la musique acadienne prince-édouardienne. Ayant grandi dans une famille portée par la musique, cette dernière enregistre un premier album en 1975, ce qui va donner le coup d’envoi d’une carrière de près de quarante ans. Elle a donné des concerts partout au Québec, au Canada et en France. Les groupes musicaux Panou, Barachois et Acadilac sont à découvrir.

Les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard font leur marque en littérature et en arts visuels. L’auteur Melville Gallant a publié plusieurs livres, dont Le thème de la mort dans l’œuvre de Roger Martin du Gard, Ti-Jean, La Cuisine traditionnelle en Acadie et Le Pays d’Acadie. L’historien Georges Arsenault a produit plusieurs textes concernant les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard. Quant à lui, Maurice Bernard a peint plusieurs tableaux présentant les paysages de l’Île-du-Prince-Édouard.

 

Un peu d’histoire

Même si des pêcheurs français naviguent près de l’Île-du-Prince-Édouard au 17e siècle, ce n’est qu’à partir de 1720 que des francophones s’y installent de façon permanente. Sous le Régime français, la province est connue sous le nom d’Île Saint-Jean. L’agriculture et la pêche sont deux activités qui attirent les colonisateurs français sur l’île et leur tâche première est d’approvisionner la forteresse de Louisbourg en victuailles. Au fil de la décennie suivante, plusieurs choisissent de retourner en France, tandis que des familles acadiennes de la Nouvelle-Écosse installent leurs pénates sur l’île. Les Acadiens deviennent rapidement majoritaires sur l’île Saint-Jean.

Au début de la Déportation, l’île Saint-Jean sert de refuge à plusieurs Acadiens néo-écossais, à un tel point que la population acadienne passe de 400 à plus de 4 000 personnes. Toutefois, lorsque les Britanniques mettent la main sur l’île en 1758, plusieurs Acadiens sont déportés. Après la fin des hostilités entre la France et le Royaume-Uni, de nombreuses familles acadiennes regagnent l’île, qui acquiert le nom actuel d’Île-du-Prince-Édouard en 1799.

Avec leur retour dans l’île, les Acadiens pratiquent l’agriculture et la pêche comme activités de subsistance. Néanmoins, beaucoup de familles acadiennes vivent dans la pauvreté. En 1864, le prêtre québécois George-Antoine Belcourt met sur pied la Banque des fermiers de Rustico, la toute première caisse d’épargne au pays. Plus tard, d’autres coopératives agricoles seront établies pour le grain, les œufs et le fromage, notamment. De nos jours, près de vingt coopératives à vocations multiples sont présentes dans l’île.

L’édifice de la Banque des fermiers de Rustico. (Crédit photo : Wikipédia)

Une présence plus marquée

Vers la fin du 19e siècle, les Acadiens prince-édouardiens se dotent d’institutions afin de faire valoir leurs droits. Un journal francophone et une association d’enseignants acadiens se créent dans les années 1890 et la Société Saint-Thomas-d’Aquin voit le jour en 1919.

Dans les années 1970, des institutions francophones naissent: Le Collège de l’Île offre de l’enseignement postsecondaire et le journal La Voix acadienne publie. Des centres communautaires et culturels francophones sont mis sur pied dans les années suivantes, dans l’ouest de l’île et à Charlottetown. En plus de l’hebdomadaire La Voix acadienne, Radio-Canada est présente à l’Île-du-Prince-Édouard par ses plateformes télé, radio et Internet.

En 1990, le gouvernement provincial autorise la création de la Commission scolaire de langue française de l’Île-du-Prince-Édouard. Aujourd’hui, elle compte six écoles. En 2000, la Cour suprême du Canada accorde aux parents francophones de Miscouche et de Summerside le droit d’avoir leur école dans la région, au terme d’une bataille juridique de cinq ans.

En économie, les francophones de l’Île-du-Prince-Édouard sont présents dans les services touristiques, en agriculture, dans le domaine de la construction et dans l’industrie de la pêche. Le Réseau de développement économique et d’employabilité de l’Île-du-Prince-Édouard est le principal organisme de soutien francophone.

photo : Wikipédia

Pour en savoir plus

-La Société Saint-Thomas-d’Aquin (http://www.ssta.org/)

-La Fédération culturelle de l’Île-du-Prince-Édouard (http://federationculturelle.ca/)

-La Commission scolaire francophone de l’Île-du-Prince-Édouard (https://cslfipe.wordpress.com/)

-Le Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard (http://museeacadien.org/fr/a)

-Le Musée de la Banque des fermiers de Rustico (http://banquedesfermiers.ca/fr)

 

La Fédération des communautés francophones et acadiennes assure la défense et la promotion des droits et intérêts des francophones vivant dans neuf provinces et trois territoires au Canada. Crée en 1975, la FCFA est la voix nationale de 2,7 millions de francophones. Elle agit à titre de chef de file des organismes et institutions voués au développement des francophonies.  Elle fait connaitre davantage leur diversité au Québec et consolide les liens de collaboration avec la société civile et avec le gouvernement du Québec.