
François Gohier
La personne soucieuse de bouger constate vite qu’il y a deux mois (sur douze, tout de même…) dans l’année où il est difficile dans le Nord de bien planifier son activité de mise en forme : avril et novembre. Les deux périodes sont difficiles et capricieuses en ce qui concerne la météo : temps humide, environnement souvent détrempé et froid. Ce ne sont pas des occasions privilégiées ni pour le vélo ni pour le ski. On est entre deux. Il faut autre chose.
Plusieurs confrères à moi se sont lancés sur les bases d’entraînement pour pouvoir demeurer actifs à l’intérieur, le cas échéant… Je m’y suis mis aussi, fin 2020, trouvant l’idée intéressante. Une base d’entraînement, c’est essentiellement une « machine » sur laquelle on fixe son vélo, après avoir enlevé la roue arrière. Il en existe différents modèles, des plus manuels et simples pour environ 400 $, jusqu’aux plus sophistiqués permettant de les relier par Bluetooth à des plateformes d’entraînement sur Internet. C’est cette dernière version que j’ai acquise en décembre dernier, non sans problème : la pandémie aidant, tous les cyclistes semblaient avoir eu la même idée en même temps, si bien qu’il y avait des mois d’attente partout pour obtenir un de ces machins! Finalement, 1300 $ plus tard, j’étais équipé pour pédaler sur place!
Les modèles haut de gamme comme ceux de Tacx (Garmin) ou Élite (firme italienne) permettent donc d’accéder à des sites Internet générant des environnements d’exercice. Un des plus utilisés est Zwift (18 $ par mois). On peut l’utiliser seul, en interface avec le site, ou interrelié avec d’autres cyclistes qui font chez eux le même parcours que soi, en même temps! C’est assez impressionnant à expérimenter, comme vous pourrez le constater sur vidéo ci-après, réalisée chez mon confrère Lucien Charbonneau à sa résidence de Val-David. Quatre cyclistes étaient virtuellement présents à cette occasion.
Les informations disponibles à l’écran en temps réel sont fort pertinentes : la plus importante est la somme d’effort déployé sur les pédales, exprimée en watts. Non négligeable également, le rythme cardiaque exprimé en battements par minute (BPM). Certains voudront privilégier cette dernière information pour doser les efforts. On n’est pas au Tour de France, que diable!
Le réalisme de l’expérience d’un parcours de vélo interrelié avec d’autres cyclistes est assez étonnant. On est soi-même sur le chemin via un avatar, c’est-à-dire un personnage virtuel qu’on peut habiller un peu à son goût… Les autres sont reconnaissables et leur nom est affiché au-dessus de leur tête ponctuellement.
Les montées et les descentes dans le parcours sont transmises à la machine, qui ajoute ou enlève de la résistance aux pédales. On s’y laisse prendre!
Un des parcours que j’aime bien faire est celui qui emprunte les rues de Londres. Passer en circuit fermé devant Buckingham Palace, sur l’asphalte rouge, c’est assez captivant si vous l’avez déjà fait en tant que touriste.
Somme toute, et compte tenu de l’investissement à faire, la base d’entraînement interreliée n’est peut-être pas pour tout le monde, mais elle est certainement un élément fort pratique dans la panoplie de la personne active qui ne peut se résoudre à passer une semaine pluvieuse sans option pour bouger…





