
Nicole Davidson
Résidente de Sainte-Adèle
Je suis allée marcher sur la piste du P’tit Train du Nord. Une piste non asphaltée, où la nature respire et le marcheur aussi… J’espère que cette section ne sera jamais recouverte de bitume, quoi qu’en pensent certains. C’est un message que je me permets de lancer aux décideurs politiques de cette sympathique ville de la MRC des Pays-d’en-Haut. Une telle piste recouverte de fin gravier nous conforte dans la pensée que nous sommes en retrait des grands centres pour la paix et la quiétude; c’est tellement plus chaleureux. On oublie même que nous sommes à deux pas de l’autoroute.
Commençons par le commencement. À Sainte-Adèle, dans le secteur Mont-Rolland, existe une ancienne gare. J’avais entendu dire qu’on y mangeait bien dans le petit resto logé à l’intérieur. Le temps était superbe. Je voulais marcher pour profiter de cet avant-goût d’automne qui imprégnait l’air ambiant. J’avais faim et, avant d’entreprendre mon expédition, je me suis laissée tenter par une bonne soupe que j’ai savourée sur la terrasse couverte. Des personnes mangeaient à l’intérieur, d’autres à l’extérieur sur la partie non abritée et très ensoleillée, mais il restait quelques places dans ce petit coin tranquille d’où je pouvais observer les alentours.

Il n’avait pas été difficile de stationner mon auto en ce vendredi de septembre. Les cyclistes étaient encore nombreux pour un jour de semaine. Un chien accompagnait ses maîtres et me faisait la jasette. Avait-il le droit d’être là? Il faudrait que je relise les panneaux indicateurs. Mais tant mieux pour lui, il y était; il avait l’air bien élevé et bien supervisé.
Les marcheurs respectaient les règles pour circuler sur la piste et je ne me suis jamais sentie bousculée par les cyclistes. Il faudrait que j’expérimente la même marche durant la haute saison pour vérifier si c’est toujours comme ça. Après un petit kilomètre, je suis revenue sur mes pas, intriguée par un mini sentier aperçu tout près de la gare. Il était très étroit, j’en ai déduit qu’il devait être réservé aux piétons… Mica, c’est le nom de la piste… Sur mes gardes et prudente, je m’y suis aventurée. Heureusement pour moi, car la nature m’a offert des parfums capiteux et grisants qui m’ont fait oublier toute retenue.
Remarquez une chose importante : je ne faisais pas de la marche rapide. J’étais en phase découverte. Je m’arrêtais, émerveillée par le chant des oiseaux ou par une odeur qui me rappelait un souvenir fugace d’enfance. En cette période de fin d’été et d’avant hiver, nos sens aiguisés savent apprécier l’apothéose des couleurs et des richesses de la nature avant qu’elle ne revête son blanc manteau.
La vie en dehors du temps.
La vie, tout simplement.




