
Les déjeuners-causeries de la mairesse
Nicole Davidson
Résidente de Sainte-Adèle
Tous les deux mois, le samedi qui suit les réunions ordinaires du Conseil municipal, la mairesse, Michèle Lalonde, annonce sur Internet son déjeuner-causerie. Le tout débute à 9 h 30 et se termine officiellement à 11 h. Cette fois, les questions et commentaires ont prolongé l’exercice jusqu’à 11 h 30.
Je viens de vivre une expérience très enrichissante. La démocratie avec un grand D. Une ambiance conviviale loin du décorum exigé par la fonction officielle. Sur une table, café, croissants et brioches.
Une quinzaine de personnes participaient. Certaines y sont restées jusqu’à la fin, d’autres entraient, posaient leur question, exprimaient leurs inquiétudes et leurs doléances et s’en retournaient, après avoir eu leur réponse. Peu importe le moment, la porte s’ouvrait et quelqu’un d’autre arrivait. Il y avait les habitués, des petits nouveaux comme moi et un conseiller municipal dans le lot. La mairesse écoutait attentivement et une personne l’assistait pour déterminer le tour de parole, à mesure que des mains se levaient. Ce pouvait aller de simples suggestions pour un arrêt inexistant, un déneigement inadéquat, en passant par l’éclairage des rues ou le stationnement. L’écoute et le respect étaient de mise. Parfois, une question en suscitait. Chacun pouvait s’exprimer librement. Et, croyez-moi, ce n’était pas le lieu pour essayer de coincer la mairesse ou de lui poser une colle pour l’enfarger.
Les réponses étaient claires et les explications, limpides. Elle y allait de mises au point sur des rumeurs avec en prime des informations inédites qui rassuraient l’auditoire.
Trop souvent, les séances de Conseil municipal s’avèrent mornes ou houleuses, selon les cas de figure. Il faut dire que la structure même de ce genre de rencontre citoyenne, avec des lectures de règlements, dont les énoncés sont malheureusement rébarbatifs au commun des mortels, ne facilite pas la tâche à monsieur ou madame Tout-le-Monde pour bien comprendre les tenants et aboutissants de ce qui est en jeu.
Et, malheureusement, les gens qui voudraient s’exprimer sur un sujet qui peut sembler banal ou qui ne concerne que leur coin de rue se sentent vraiment mal à l’aise de le faire, surtout quand il y a de la bisbille. De plus, la période de questions arrive, en général, après la vingtaine de points à l’ordre du jour. La fatigue et les frustrations ne tardent pas à pointer le nez, engendrant du mécontentement de part et d’autre.
Cette approche du déjeuner-causerie facilite la vie à tout le monde. Un exercice où la transparence est omniprésente. Je crois que le contexte empreint de simplicité dans lequel sont accueillis les citoyens de Sainte-Adèle, peu importe les secteurs où ils résident, ne peut que contribuer à créer un climat serein. Je les invite d’ailleurs à y participer. L’essayer, c’est l’adopter!




