
Nicole Davidson
Résidente de Sainte-Adèle
Vous devinez que le sujet de cette chronique a un rapport avec le mois de novembre. Le mois des morts. Je voudrais plutôt orienter votre regard sur notre patrimoine vivant. Je suis une familière des cimetières. J’accompagne les familles endeuillées qui ont choisi de vivre ce rituel et j’y connais, avec eux, des moments inoubliables. Les cimetières sont des lieux de prières et de réflexions tout en étant à la fois des lieux de pleurs et d’éclats de rire, dans le maelström des émotions.
Ce mois-ci, j’ai découvert les cimetières de Sainte-Adèle. Je dis bien les cimetières. Et, saviez-vous que les cimetières ont une adresse? Heureusement, parce que je ne les aurais jamais trouvés! Les deux cimetières ne sont pas adjacents aux églises paroissiales, c’est quand même particulier. Ils sont situés à l’écart, dans des environnements propices à la méditation, et baignent dans un paysage bucolique à souhait.
On ne peut que ressentir une aura de mystère quand on marche dans un cimetière. Le silence qui l’enveloppe parle vraiment très fort pour nous rappeler notre existence éphémère dans ce monde. On y touche de façon vertigineuse à nos questions existentielles. On y baigne dans des émotions hors du commun, là où tant de personnes trouvent enfin le repos.
Me voilà donc armée de mon GPS pour me rendre au cimetière du 3105, rue Filion, dans le secteur Mont-Rolland. J’y retrouve des noms sur les pierres tombales qui prouvent bien que nos familles proviennent des mêmes souches : Legault, Beaulieu, Lanthier, Paquette, Constantineau.
Beaucoup plus grand que celui de Val-David, il garde en son sein un espace légèrement en retrait qui m’intrigue grandement. Quelqu’un m’a dit que cet espace était réservé pour les non-catholiques, ce qui me semble impossible, ou réservé aux personnes bannies de l’Église. Je me renseigne.
Ensuite, je me suis rendue au 1610, rue Dumouchel (secteur Sainte-Adèle). Là encore, c’est un grand espace impressionnant doté d’une entrée marquée de deux énormes pierres ornées de messages en fer forgé :
In memoriam et À nos ancêtres.
J’y retrouve aussi des noms de famille communs à notre région : Grignon, Campeau, Blondin.
Les photos parlent d’elles-mêmes. C’est tellement beau et rempli de douceur, un cimetière, on y pénètre comme dans un temple. Ceux qui y font courir leur chien ne comprennent vraiment pas la dimension de ce mystère.
Que les âmes des fidèles défunts reposent en paix!




