
Louise Duhamel
Chroniqueuse culinaire, chef bénévole des dîners communautaires et résidente de Val-David
Et patati et patata, bavardons au sujet de la pomme de terre. Il y a quelques années, au marché de Val-David, nous avions la chance d’avoir une jeune productrice de pommes de terre. Jessica s’était passionnée pour cette culture depuis un certain voyage en Amérique du Sud et elle expérimentait la viabilité de plusieurs types de pommes de terre sur une terre appartenant à ses parents. Elle était curieuse, passionnée, dédiée à sa vie d’agricultrice mais… dure, dure la vie sur la terre! Jessica s’est usée à retourner le sol, à semer, à drainer, à récolter, à laver, à trier, à emballer pour nous offrir le meilleur, ici, à Val-David. Je revois encore ses petites mains usées, son sourire toujours intact mais dorénavant résigné à abandonner une vie de misère. Ses rosalinds, ses rattes, ses agatas, ses violettes me manquent encore.
Voilà que je pense à un commentaire, lu il y a quelque temps sur Facebook… une personne se disait offusquée par la décision des propriétaires d’une ferme locale d’ouvrir un kiosque en libre-service pour prolonger leurs heures d’ouverture et bonifier leur offre de produits, et ce, pour le bonheur de tous. Tellement simple et pratique, le libre-service : on choisit ses légumes ou d’autres produits locaux, on inscrit ses achats dans le livre, on laisse l’argent dans la boîte et on prend sa monnaie! Mais la madame n’était pas contente parce qu’elle aime jaser avec les producteurs. Plusieurs abonnés lui ont répondu que les producteurs travaillaient dans les champs sept jours sur sept pour justement lui permettre de se procurer leurs bons produits. Rien à faire, elle n’achètera plus d’eux si elle ne peut plus leur faire un brin de jasette. C’est bien mal comprendre la réalité de ceux et celles qui travaillent dans les champs! Il reste encore de beaux jours de récolte, profitons bien de leur dur labeur.
Pour un brin de jasette avec un producteur, il y a le marché d’ici. Mathieu, un des propriétaires de La Récolte de la Rouge, est toujours souriant et enclin à jaser. Il cultive aussi des pommes de terre. Peu, mais dieu qu’elles sont bonnes! Bouillies en chemise et servies avec une noisette de beurre, cuites en papillote, rôties au four avec mille et une gousses d’ail, écrasées, sautées dans le gras de canard, fumées à la sauge, façon hasselback, en paillasson, en salade froide ou chaude… les recettes ne manquent pas. En fouillant le Web, j’ai trouvé cette recette marocaine de pommes de terre à la chermoula du CNIPT (Comité national interprofessionnel de la pomme de terre). L’essayer, c’est l’adopter. À manger avec du poisson ou des côtelettes d’agneau grillées. Bon appétit!

Ingrédients pour 8 personnes
600 g de petites pommes de terre à rissoler
2 gousses d’ail
1 c. à thé de paprika
1 c. à thé de cumin
1 pointe d’harissa (facultatif)
Le jus d’un demi-citron
4 c. à soupe d’huile d’olive
1 c. à soupe de vinaigre de cidre ou de vin blanc
Quelques brins de persil et de coriandre
Au goût sel
Préparation
- Lavez et plongez les pommes de terre dans une casserole d’eau salée puis faites cuire 15 minutes après ébullition.
- Égouttez puis épluchez les pommes de terre et coupez-les en morceaux.
- Pelez les gousses d’ail. Ciselez finement le persil et la coriandre.
- Dans une sauteuse, versez l’huile d’olive et le jus de citron. Ajoutez les herbes et l’ail. Ajoutez la sauce harissa, le cumin et le paprika. Mélangez bien.
- Déposez les pommes de terre dans la sauce chermoula et mélangez jusqu’à ce qu’elles soient bien enrobées.
- Ajoutez le vinaigre et faites cuire de 5 à 7 minutes à feu doux en mélangeant régulièrement jusqu’à ce que les pommes de terre soient bien imprégnées de sauce.
- Dégustez vos pommes de terre tièdes ou froides et parsemez-les de coriandre fraîche juste avant de servir.




